Default profile photo

30 Mars 2017 | 3, Nisan 5777 | Mise à jour le 30/03/2017 à 14h45

Chabbat Vayikra : 20h02 - 21h10

Rubrique Judaïsme

Parachath Hayé Sara : La première mission

C’est dans notre paracha que le concept de mariage juif apparaît pour la première fois puisque c’est ici qu’Its’hak, le second patriarche, va épouser Rivka. Mais alors que le texte ne consacre qu’un simple verset à cette cérémonie, il va porter toute son attention à sa préparation puisque plus de 60 versets décriront la mission d’Eliezer, chargé par Avraham de trouver une épouse pour Its’hak. Notre question sera simple : pourquoi accorder tant d’importance à la notion de mission en tant que préparation d’un fait hautement symbolique comme le mariage ?

Comme nous l’avons souvent expliqué, les situations décrites par la Thora peuvent se lire à différents niveaux d’interprétation. Nous avons ici la préparation d’un mariage mais cette union nous renvoie aussi à un autre mariage. Celui qui est le fondement de l’existence juive : l’union entre le corps et l’âme, entre le monde matériel et le monde spirituel. Il y a, certes, un homme et une femme qui vont lier leur vie mais chacun d’eux nous renvoie à une dimension plus noble. Depuis son sacrifice, Its’hak est devenu une offrande d’une grande élévation. De ce fait, il ne peut plus quitter la terre d’Israël car les autres terres ne sont pas dignes de lui. Enfin, ses parents Avraham et Sarah sont le fondement de la sainteté du (futur) peuple juif. Its’hak symbolise donc, le concept (spirituel) de l’âme. Rivka, sa futur compagne se situe à l’opposée de ce modèle. Elle est certes, dotée d’une grandeur d’âme mais elle est issue d’un père malveillant et son frère est à l’image de son père. Elle vit de plus, dans un pays dont la seule référence spirituelle est l’idolâtrie. Par tous ces détails, elle évoque le corps et la matière.


Deux figures symboliques

Le Midrash rapporte qu’avant le don de la Thora, la spiritualité et la matérialité étaient deux mondes imperméables l’un à l’autre. Les valeurs spirituelles ne pouvaient pas pénétrer la matière qui elle-même ne pouvait être sanctifiée en s’élevant vers D.ieu. Lors du don de la Thora, la frontière entre ces deux mondes fut annulée et le peuple juif commença alors le raffinement de la matière. Qui prépara cette unification ? Its’hak et Rivka, eux aussi, symboles de deux entités différenciées. 


Délégué par D.ieu

Mais pour être possible, cette union devait passer par un émissaire, quelqu’un qui possède en lui les deux entités afin de pouvoir les unifier. Cette fonction s’incarna en la personne d’Eliezer. Il incarnait la grandeur d’Avraham, son Maître, tout en ayant un statut très bas puisqu’il était esclave. Et d’ailleurs le texte le démontre clairement. Quand il se présente à la famille de Rivka, il a ces mots : « Je suis le serviteur d’Avraham ». D’une part, il ne dit pas son nom mais d’un autre côté, il n’a qu’Avraham, son Maître comme seule référence. On comprend à présent pourquoi l’idée de mission est si valorisée. C’est la première mission qui apparaît dans la Thora. Elle est donc, à ce titre, une indication précieuse pour nous donner la raison d’être de la création du monde : unifier les mondes spirituels et les mondes matériels. Et qui parachèvera cette mission ? Le peuple juif envoyé par D.ieu sur terre, en mission, pour installer D.ieu dans un monde, a priori hostile à la matérialité. 

Powered by Edreams Factory