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23 Avril 2017 | 27, Nisan 5777 | Mise à jour le 21/04/2017 à 12h34

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Maroc : Israël est toujours tabou

Le drapeau d’Israël incendié à Rabat par des pro-palestiniens en marge de la COP 22. (Rachid Tniouni – TelQuel)

Une manifestation à Rabat contre la présence israélienne à une conférence de l'Onu et la visite controversée de journalistes marocains en Israël confirment que la normalisation n'est pas pour demain.

Un drapeau israélien brûlé en public dans un pays arabe ne fait plus l'actualité depuis longtemps. L'événement devient pourtant plus intéressant lorsqu'il est lié à la présence officielle d'un symbole israélien. C'est ce qui s'est produit début novembre, avec la COP 22, qui s'est ouverte le 7 novembre à Marrakech. A l'occasion de la première conférence sur l'environnement depuis l'entrée en vigueur de l'Accord de Paris, le drapeau d'Israël a été hissé aux côtés de ceux des 194 autres pays signataires. Une initiative qui a fait descendre dans les rues de Rabat à l'appel d'organisations pro-palestiniennes plusieurs centaines de personnes, qui, aux cris de "Mort à Israël" ont incendié un drapeau israélien.
 La réponse du ministre marocain des Affaires étrangères a toutefois été sans appel : « Les rassemblements de l'Onu à travers le monde reçoivent toutes les nations, a déclaré Salaheddine Mezouar, ajoutant que le combat contre le changement climatique exigeait "l'engagement de tous les gouvernements" ».
 La visite d'une délégation de journalistes marocains en Israël n'est pas passée plus facilement. Invités par le ministère israélien des Affaires étrangères, sept journalistes – dont l'anonymat a été préservé – ont rencontré des responsables israéliens, élus, ministres, militaires et magistrats, entendu des exposés sur Israël, visité le pays et même approché au plus près la Bande de Gaza. Rien d'inédit dans cette visite, même si ce genre d'événement reste rare. Les diplomates israéliens voulaient montrer à leurs interlocuteurs la réalité de l'intérieur et surtout leur faire entendre autre chose que le discours formaté véhiculé dans les médias arabes quand il s'agit d'Israël.
 
Dans les rues de Rabat, plusieurs centaines de personnes ont crié “Mort à Israël”
Pourtant, le seul fait qu'une des membres de la délégation ait osé parler de ses impressions au quotidien israélien Yediot Aharonot, a suffi pour lui attirer les foudres de plusieurs médias marocains en ligne, qui l'ont accusée de « faire le jeu d'Israël » en évoquant ses craintes pour sa sécurité personnelle si son déplacement venait à être découvert. « Je voulais découvrir par moi-même l'Israël que les médias arabes ne nous montrent pas » a expliqué la journaliste, qui avait décidé de sauter le pas après plusieurs tentatives avortées.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères pour la presse arabophone a expliqué que l'invitation d'une délégation du Maroc avait pour objectif de « montrer le sionisme au public marocain et ainsi de lutter contre le traitement négatif dont Israël fait l'objet dans son pays ». A Jérusalem, on affirme d'ailleurs que la page Internet en arabe du ministère reçoit de nombreuses visites d'internautes marocains. Même s'il est hautement improbable que les récits de voyage de ces journalistes paraissent jamais dans un journal du Maroc, leur regard sur Israël se sera au moins libéré de certains préjugés hostiles.

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