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28 Mars 2017 | 1er, Nisan 5777 | Mise à jour le 27/03/2017 à 11h02

Chabbat Vayikra : 20h02 - 21h10

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Iran: les options de la nouvelle administration Trump

Crédit photo : Wikipedia

Récit d’une semaine où l’accord sur le nucléaire iranien a une nouvelle fois occupé l’actualité.

Les options de Trump 

Jour après jour, les contours de la future administration Trump se dessinent de manière de plus en plus nette. Dans le domaine de la politique internationale, la nomination du général faucon Michael Flynn à la tête du Conseil à la sécurité nationale et les rumeurs envoyant au choix Rudy Giulani ou Mitt Romney au Département d’Etat, et le général de réserve James Mattis au Pentagone participent d’une même idée directrice : un durcissement de la lutte contre le djihadisme. Sur l’Iran, l’orientation du prochain président des Etats-Unis continue en revanche de susciter les interrogations. Evoquée par le milliardaire alors qu’il s’engageait à la conquête du pouvoir, la piste d’une remise en cause de l’accord sur le nucléaire iranien, signé à Vienne le 14 juillet 2015, semble avoir du plomb dans l’aile (voir numéro 1411 d’Actualité Juive). Signe parmi d’autres de cette inflexion, plusieurs figures de la lutte contre le Joint Comprehensive Plan of Action se positionnent désormais en faveur de son maintien. Ainsi de l’influent Bob Corker. Interrogé la semaine dernière par la chaîne MSNBC, le président républicain de la commission sénatoriale aux Affaires étrangères estime que la disparition des leviers sur lesquels s’appuyaient les Américains pour faire pression sur les Iraniens justifie une nouvelle approche. Il enjoint aujourd’hui Donald Trump à « les forcer à adhérer strictement » à l’accord.

Sans remettre en cause l’Iran Deal, le futur locataire de la Maison-Blanche pourrait ainsi accentuer les pressions sur le régime chiite, en apportant par exemple son soutien au vote de nouvelles sanctions contre Téhéran, pour son soutien au terrorisme au Moyen-Orient. Mardi dernier, la Chambre des représentants américains a prolongé pour dix années supplémentaires l’Iran Sanctions Act. Voté pour la première fois en 1996 pour sanctionner les investissements énergétiques en Iran, le texte sera bientôt approuvé par le Sénat avant d’être promulgué par Barack Obama. Les dérapages contrôlés de la République islamique, notamment dans le dossier nucléaire, pourraient enfin faire l’objet, sous Trump, de critiques beaucoup plus vives que sous l’administration démocrate.


L’AIEA monte au créneau

De provocations maîtrisées, l’actualité en a offert un bel exemple ces jours-ci. Jeudi dernier, l’Agence internationale à l’énergie atomique a mis en garde l’Iran après que Téhéran a légèrement dépassé le quota d’eau lourde stockée sur son territoire pour la seconde fois depuis l’entrée en vigueur de l’accord de Vienne. Celui-ci fixait le seuil de détention à 130 tonnes. « Il est important que de telles situations soient évitées à l’avenir afin que la confiance internationale puisse être maintenue » a prévenu le directeur général de l’AIEA, Yukiya Amano. Substance hautement stratégique, l’eau lourde est exploitée dans certaines filières de réacteurs nucléaires permettant de produire du plutonium à visée militaire. Pendant le week-end, Téhéran a exfiltré une partie de l’excédent vers le sultanat d’Oman. Fin (provisoire) de la séquence, sans frais. Le silence commun des autres signataires de l’Iran Deal n’y est pas étranger…


L’Iran double l’Arabie Saoudite en France

La préservation de l’accord n’a pas que des conséquences en matière de non-prolifération. Elle se traduit également par des retombées économiques substantielles. En France par exemple. On a ainsi appris que l’Iran était devenu en septembre le premier exportateur de pétrole en direction de la France. Selon le site spécialisé Argus Media, 200 000 barils ont été importés depuis les raffineries iraniennes, ce qui place Téhéran devant l’Arabie Saoudite pour la première fois depuis la reprise du commerce énergétique franco-iranien il y a sept mois. Le signe avant-coureur d’un réalignement politique à venir en cas de victoire de François Fillon en mai prochain ?

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