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20 Février 2017 | 24, Shevat 5777 | Mise à jour le 17/02/2017 à 13h41

Chabbat Michpatim : 18h08 - 19h16

Rubrique Culture/Télé

Le Petit Prince en son royaume

Traduction en yiddish.

Le saviez-vous ? Ce classique de la littérature est un hommage rendu aux victimes de la barbarie nazie, symptôme contemporain de l'échec des civilisations.

Lorsque paraît Le Petit Prince écrit par Antoine de Saint-Exupéry, il y a soixante-dix ans, il est dédié à son ami Léon Werth. L'édition de 1946 chez Gallimard contient alors cette dédicace : « À Léon Werth. Je demande pardon aux enfants d'avoir dédié ce livre à une grande personne. [...] Cette grande personne habite la France où elle a faim et froid. Elle a besoin d'être consolée. Si toutes ces excuses ne suffisent pas, je veux bien dédier ce livre à l'enfant qu'a été autrefois cette grande personne. Toutes les grandes personnes ont d'abord été des enfants. [...] Je corrige donc ma dédicace : À Léon Werth, quand il était petit garçon ».
Au-delà de l'amitié que se portaient les deux hommes depuis le début des années 1930, cette mention concrétise un des messages que souhaite faire passer l'auteur. Dès 1940, l'origine juive de Léon Werth l'oblige à vivre dans la clandestinité. Durant toute la guerre, l'auteur de Terre des hommes craindra pour la vie de son ami. Ironie de l'Histoire : Werth survécut à la guerre, pas Saint-Ex... 
Lorsque l'on sait que Le Petit Prince est dédié à cet ami romancier et journaliste né dans une famille juive vosgienne qui souffrira des affres de l’Occupation comme ses coreligionnaires, il prend une tout autre envergure. Obligé de vivre dans la clandestinité, dans le Jura, à Saint-Amour, dès 1939, sa triste condition, qui fut le lot de tous les Juifs durant ces années sombres, émut Antoine de Saint-Exupéry qui portait un regard plein de désillusion sur le monde des adultes.
Ce conte allégorique aux clefs de significations multiples fait partie des classiques que l’on fait découvrir dès le plus jeune âge aux enfants en raison des messages universels qu’il véhicule : la tolérance, le refus de l’injustice, l’acceptation de l’autre, la beauté du monde et la capacité de s’émerveiller. Des valeurs qui rappellent la pensée philosophique ou la sagesse talmudique. Ce livre que nos parents ont lu, que nous avons lu et que nos enfants lisent est une boussole rassurante dans l’apprentissage des valeurs de l’humain par référence aux allégories contenues dans le conte. Il est traduit notamment en yiddish et en hébreu.

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