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25 Avril 2017 | 29, Nisan 5777 | Mise à jour le 25/04/2017 à 11h18

Rubrique Judaïsme

La « ‘hanoukiah » : un néologisme superflu ou un concept porteur de sens ?

(DR)

Le Talmud ne traite pas de l’allumage de la « ‘hanoukia », mais plus précisément, de l’allumage des « néroth », les « bougies ».

En réalité, le terme même de « ‘hanoukia » semble relativement récent, car on ne le trouve dans aucune source rabbinique classique. Selon notre contemporain, le Rav Gamliel haCohen Rabinovitch, dans son ouvrage
« Pardés Yossef », le terme est apparu, il y a moins de trois siècles, voire un peu plus dans les communautés séfarades. Dans un premier temps, beaucoup d’autorités rabbiniques se sont élevées contre cette “nouveauté”, insistant pour ne pas changer les expressions du Talmud. D’après ces derniers, on ne devrait parler que des « néroth » lorsqu’il est question des bougies, ou de la « ménorah » lorsqu’il s’agit de nommer le socle sur lequel les lumières sont allumées. (Pardés Yossef Ha’hadash ‘Hanoukah, pp.60-61).
   A l’inverse, d’autres maîtres ont insisté pour bien distinguer entre les deux termes : « ‘hanoukia » et  « ménorah ». En effet, si les premières lumières sur lesquelles le miracle s’est établi à l’époque de ‘Hanouka se trouvaient sur la « ménorah », c’est parceque cela se passait précisément dans le Temple, le Beth haMikdash. Or, en ce qui concerne les supports utilisés pour faire tenir les bougies dans nos demeures, parler de « ménorah » risquerait d’apporter une confusion entre un objet servant à une utilisation personnelle et l’objet sacré utilisé dans le Temple de Jérusalem. C’est pour cela également que beaucoup se sont attachés à apporter une distinction entre la forme de la « ‘hanoukia » et celle de la
« ménorah ». La distinction ne concerne pas juste le nombre de branches, mais également leur taille, alors que la ménorah a des branches élancées, on préfèrera pour la ‘hanoukia des branches plus basses. De manière générale, les aspects doivent être bien distincts, comme les appellations. (Pardès Yossef, Ibid.)
Cela-dit, il n’y a aucune obligation de poser les « néroth » sur un socle, quel que soit le nom qu’on lui attribue. Il est tout à fait possible de prendre quelques petites fioles d’huile et les poser les unes à côté des autres. Il convient de préciser toutefois que dans un tel cas, la bougie supplémentaire (le « shamash ») doit bien être distinguée des autres, car elle ne fait pas partie stricto-sensu des « néroth » servant à la mitsva, mais sert à apporter une lumière dont il est possible de tirer profit. La même précaution doit être prise lorsqu’on construit une ‘hanoukia : la neuvième branche servant à accueillir le « shamash » doit être écartée des huit autres.

En respectant la Halakha, chaque coutume, à sa manière, diffuse le miracle

Quant à l’allumage lui-même, les coutumes diffèrent, mais cette distinction n’est pas liée à la forme choisie pour poser les « néroth (avec ou sans ‘hanoukia). Certains allument en premier lieu la bougie supplémentaire (« shamash ») puis prononcent les bénédictions avant d’allumer les lumières obligatoires (placées de la droite vers la gauche, mais allumées de la gauche vers la droite). D’autres allument en premier lieu les lumières de la mitsva, puis terminent par l’allumage du « shamash ». Chacun agira selon les coutumes en vigueur dans sa communauté pour l’allumage public à la synagogue, et selon ses coutumes familiales, à la maison, en veillant à toujours montrer de l’estime pour les coutumes différentes.
Cette dernière remarque est également valable pour le choix du socle, son appellation et sa forme. Du moment que la Halakha est respectée, chaque coutume apporte sa manière de diffuser le miracle.
‘Hanouka Saméa’h !

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