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20 Février 2017 | 24, Shevat 5777 | Mise à jour le 17/02/2017 à 13h41

Chabbat Michpatim : 18h08 - 19h16

Rubrique Judaïsme

Parachath Vayéchev : Reconnaître le Maître du monde

(Flash90.)

« Quel est le but de notre vie sur terre, demanda l’élève à son Maître ? ». La réponse se trouve au tout début du récit de la création du monde, répondit le Maître. Il est, en effet, écrit « Il fut soir, il fut matin, jour Un ». Ton but sur terre consiste à séparer le Bien du Mal, à bien distinguer l’obscurité (le soir) de la clarté (le matin) ». L’élève fut impressionné par la réponse immédiate du Maître. Puis, après une courte réflexion, il posa une seconde question : « Mais comment vais-je savoir que j’aurai réussi ? Et tout aussi rapidement, le Maître lui donna une seconde réponse.

« La fin du verset te l’indique : jour Un. Si après cette distinction, tu crées l’unité autour de toi (jour Un), c’est l’indice que tu auras réussi ! ». C’est ce thème que l’on retrouve au début de notre paracha avec le premier rêve de Yossef qui le raconte à ses frères : « …et voici, nous attachions des gerbes au milieu du champ… ». Le champ, à la différence d’une maison, n’a pas de structure. Il évoque, de ce fait, l’espace du désordre et de la violence. C’est notre monde au sein duquel de nombreux conflits agitent l’humanité. L’âme y descend dans un corps et va lutter en permanence contre la matérialité, totalement séparée de D.ieu.

Rassembler les épis

Là, un immense projet s’impose à elle : rechercher la vérité et débusquer le mensonge à travers des milliers de situations de l’existence. Et chaque fois qu’elle y parviendra, une seconde étape l’attendra : attacher des gerbes. Les épis de blé sont des éléments disparates du champ, séparés les uns des autres, comme la matérialité composée de millions d’éléments, séparée de D.ieu. Il faut alors rassembler ces épis, les unifier pour montrer qu’ils peuvent eux aussi, participer au projet divin. Un Juif ne doit donc pas ignorer la matérialité. Bien au contraire, il doit en faire un support de son judaïsme pour au final l’intégrer à la spiritualité. Mais la Thora nous invite aussi à lire ce rêve sur un registre plus humain. Le mot Thora se rapproche étymologiquement du mot Horaah qui signifie « enseignement ». On doit donc pouvoir y trouver des directives de toutes sortes qui nous indiquent comment progresser dans notre rapport avec D.ieu.

Témoin du péril

Les commentateurs expliquent que le concept d’exil, et notamment celui de l’Egypte, commença avec les rêves de Yossef. Il nous faudra y trouver des indications nous permettant de savoir quelle doit y être notre attitude. Les épis dans le champ, différenciés les uns des autres, sont les Juifs, victimes de l’assimilation. Sans la Thora, vecteur unificateur de notre peuple, ils sont, chacun, isolés et donc affaiblis. Quand un Juif, conscient de la valeur du judaïsme, est le témoin de ce péril, il ne peut rester inactif : il doit s’employer à faire des gerbes de ces épis, c'est-à-dire rassembler ces Juifs perdus et leur faire prendre conscience que l’unité est la garantie de notre pérennité. A la suite de cette étape, il faut aller plus loin. Le texte précise, en effet, que les gerbes s’inclinèrent. A la suite de l’unité reconstituée, on doit ramener chaque Juif vers D.ieu, faire en sorte que ce Juif qui était perdu, reconnaisse qu’il doit aussi s’incliner devant le Créateur pour ne plus faire qu’Un avec Lui.

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