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23 Mars 2017 | 25, Adar 5777 | Mise à jour le 22/03/2017 à 17h32

Chabbat Vayakel-Pekoudé : 18h51 - 19h59

Rubrique Judaïsme

Et tourne la toupie

(DR)

Comment la tradition et certains commentateurs ont tiré de profonds enseignements d’un simple petit objet d’amusement, à savoir la toupie.

L’origine de la toupie se perd un peu dans le temps. Si certains pensent qu’elle existait déjà à Babylone, la plupart des experts estiment que ce jeu remonte au temps des Grecs et des Romains, ces derniers l’ayant « importé » dans leur empire. C’est ce « timing », grec en l’occurrence, qui est à l’origine de l’une des premières légendes juives sur la toupie de Hanouka. Etant donné que lesdits Grecs avaient interdit l’étude de la Torah, les juifs faisaient semblant de jouer alors qu’en fait ils étaient en train d’étudier les textes oralement. Ainsi, s’ils étaient découverts, on ne pouvait rien leur reprocher.
Plus concrètement, l’association entre toupie et hanouka date du temps où ce jeu, particulièrement populaire en Angleterre, commence à faire de nombreux adeptes en Allemagne. C’est là que les lettres marquées sur les quatre côtés du petit jeu sont traduites de l’anglais en allemand pour être reprises telles quelles, en judéo-allemand et en yiddish. Le “G” devient guimel et signifie que le joueur rafle toute la mise (« Gantz » : tout) ; le “H” se transforme en “hé” (là, le même ne prend que la moitié ou « halb »), le “N” sanctionne, via le “noun” (« nicht » : rien) la malchance de celui perd tout. Quant au “S”, devenu “shin” (« shtell ein »), il invite les joueurs à monter la mise.
 

Symbole du peuple juif

Mais, nous sommes chez les juifs : il ne s’agit pas simplement de traduire, il faut aussi interpréter. Comme chacun le sait, ces quatre lettres deviennent rapidement l’abrégé de la phrase « Ness Gadol Haia Sham (un grand miracle s’est déroulé là-bas), le Sham étant, par la suite, remplacé, localement, par le mot « Po » (ici) par les sionistes retournant en Erets Israël.
Certains iront plus loin. Le Bné Issachar (Rabbi Tsvi Elimelech de Dinov) explique que les quatre lettres inscrites sur la toupie renvoient, en fait, aux quatre royaumes qui ont asservi les juifs au cours de l’histoire. Là, selon les approches, les lettres ne symbolisent pas forcément le même royaume. Le premier concerné est Babylone représenté par le « Noun », première lettre de Nebuchadnezzar, souverain babylonien, ou du mot « Nefesh » puisqu’en détruisant le Temple, les Babyloniens ont voulu couper le peuple juif de l’énergie spirituelle émanant de ce lieu. Le second exil est celui de la Perse évoqué pour certains par la lettre « Hé » (la première du nom de Haman) ou par le « Guimel » (évoquant le mot « gouf », soit le corps) pour d’autres, ce qui est en jeu là étant la destruction physique du peuple juif. Le troisième exil est grec auquel le « Guimel » (Gog) fait allusion pour certains. Autre version, cette Grèce qui voulait s’en prendre au judaïsme même se retrouverait sur notre toupie grâce au « Shin », première lettre du mot « sechel » (esprit).
Enfin, l’allusion à Rome, le quatrième exil, viendrait soit du « Shin » (« Seïr », une appellation d’Essav, personnage traditionnellement associé à Rome) soit du « Hé » pour « hakol » (tout), cet exil-là englobant les caractéristiques de tous les autres.
Notons, enfin, que pour certains commentateurs, la petite pointe de la toupie symbolise le peuple juif autour duquel tourne tout le monde et que la main « au-dessus », celle qui fait tourner la toupie/monde est, bien entendu, celle de D-ieu !

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