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17 Janvier 2017 | 19, Tevet 5777 | Mise à jour le 17/01/2017 à 19h30

Rubrique Judaïsme

Conte pour enfants: le saumon de Hanouka

Un conte de Hillel Bakis.

Il y a très longtemps, en Afrique du Nord, vivait une famille très pauvre. Les enfants étaient pauvres, la mère était pauvre, le père était pauvre car il n’avait plus de travail depuis plus d’un an. Et, petit à petit, il avait déjà dépensé toutes ses économies. Sa femme avait même accepté de vendre les bijoux qu’elle avait reçus de sa mère. 

Or, la fête de Hanouka approchait. Sans huile ni bougies, pas de lumière ! Sans argent pas de repas de fête, ni décorations, ni surprises pour les enfants… Où serait alors la joie de la fête ? 

Le père eut une idée : « Puisque je n’ai pas d’emploi, J’ai tout mon temps ! Autant aller à la pêche. Si j’attrape du poisson, nous aurons au moins quelque chose à manger ! ». C’est ce qu’il fit. 

Or, il eut la surprise d’attraper un magnifique poisson argenté d’une espèce inconnue de lui : c’était un saumon qui venait du grand Nord et qui avait fini par arriver sur cette côte lointaine après un très long voyage… Il se dit : « Ce poisson est bien trop beau pour nous. Je vais le vendre et avec l’argent que j’en tirerai, je pourrai acheter de la nourriture, de l’huile pour les lumières de ‘Hanouka et même des cadeaux pour les enfants ! ». Il alla donc au marché pour proposer sa prise. 

Un client, intrigué par ce gros poisson argenté, en proposa une bonne somme. Il allait surprendre ses invités. Ce poisson sortait vraiment de l’ordinaire ! En ouvrant le paquet, sa femme s’écria : 

« Qu’est-ce que c’est ? Personne n’a jamais vu ni goûté un tel poisson ! Sa chair bizarre doit être avariée puisqu’elle est orange ! Pourquoi n’as-tu pas acheté des tranches de mérou, des rougets de roche ou une grosse daurade ? J’aurais même pu faire un bon plat avec des sardines  mais je ne veux pas préparer ce poisson étrange : j’aurais trop peur de vous empoisonner ! » Le client retourna donc au marché. Il trouva son vendeur qui se préparait à faire ses courses pour la fête.

Le père dut rendre l’argent avec beaucoup de peine : « Il ne faut plus penser à l’huile ni aux surprises pour les enfants ! Mais au moins, ma famille fera un bon repas ! ». 

Il était triste alors qu’il aurait dû se réjouir ! Il ne savait  pas encore quelle bénédiction représentait sa pêche miraculeuse ! Car ce gros poisson avait dans son estomac une bague avalée alors qu’il passait près d’un trésor englouti. Cette bague valait beaucoup plus que le prix payé par le client, mais le père ne le savait pas.  

 En préparant le repas de sa famille, la maman fut intriguée par le ventre bien dur du poisson. Avait-il avalé un coquillage ? Non, c’est une bague qu’elle découvrit : une bague en or ornée d’un gros diamant. Pendant que cuisait le repas, le père se rendit chez son ami le bijoutier et il en obtint un très bon prix. 

Cette année-là, les enfants eurent de beaux cadeaux et des friandises tous les soirs de la fête, pendant que leur foyer était illuminé par les lumières de Hanouka. 

(1) Ecrit d’après une création de mon fils Jacques z’’l, dans le style des contes judéo-maghrébins entendus dans son enfance.


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