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28 Mars 2017 | 1er, Nisan 5777 | Mise à jour le 27/03/2017 à 11h02

Chabbat Vayikra : 20h02 - 21h10

Rubrique Monde juif

L’anti-Noël du monde hassidique new-yorkais

« Une coutume dont les origines sont assez obscures » (DR)

Dans un pays où plus de 280 millions de Chrétiens célèbrent Noël, la coutume ashkénaze de “Nittel Nacht” continue d’être très suivie aux Etats-Unis, notamment au sein des communautés hassidiques new-yorkaises.

Apparue en Europe autour du XVIe siècle, cette pratique consiste, entre autres, à s’abstenir d’étudier la Torah le soir de Noël. « C’est une coutume dont les origines sont assez obscures » note David Myers, professeur d’histoire juive à l’Université de Los Angeles en Californie (UCLA). « Mais l’on peut penser que celle-ci est née des relations tendues entre le judaïsme et le christianisme, dans les régions où il existait une présence juive ashkénaze au Moyen-Age ».
Plusieurs hypothèses sont avancées : pour certains, cette “Nittel Nacht” (nuit de la Nativité) serait une forme de deuil lié aux souffrances que firent endurer les chrétiens aux juifs. Pour d’autres, il s’agit d’une survivance du passé : à Noël, les communautés juives d’Europe s’abstenaient parfois de sortir dans la rue pour éviter d’être victimes de violences de la part de chrétiens hostiles aux minorités religieuses. Les yeshivot et les mikva’ot étaient d’ailleurs fermés ce soir-là de l’année. Outre le fait de ne pas étudier la Torah, d’autres coutumes étaient aussi observées comme le fait de consommer de l’ail pour éloigner les mauvais esprits ou de s’abstenir d’avoir des rapports conjugaux.
Cette année encore, de Brooklyn à Los Angeles en passant par Monsey ou Lakewood, les communautés hassidiques américaines (qui comptent quelque 150 000 personnes) ont observé, comme à leur habitude, “Nittel Nacht”. A Crown Heights (où se trouve le siège mondial du mouvement Loubavitch), après l’allumage de la première bougie de Hanouka qui tombait cette année le même jour que la veillée de Noël, on a par exemple sorti les cartes à jouer et les échiquiers. D’après la légende, il s’agirait là d’une tradition appréciée du rabbi de Loubavitch, dont il existe une photo très connue, prise en 1937, lors d’une partie d’échecs, avec son beau-père.
Cette soirée consacrée aux loisirs et aux activités profanes se poursuit en général jusqu’aux douze coups de minuit. « Deux minutes avant, tout le monde ouvre sa Guemara, prêt à étudier » racontait cette semaine au Forward, Yaakov Yosef Braun, un étudiant originaire du village hassidique New Square,  à une cinquantaine de kilomètres de Manhattan. « C’est un peu comme si l’on se préparait à faire la course ! C’est vraiment quelque chose à voir ».

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