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23 Mars 2017 | 25, Adar 5777 | Mise à jour le 22/03/2017 à 17h32

Chabbat Vayakel-Pekoudé : 18h51 - 19h59

Rubrique Israël

Après la Conférence de Paris, une nouvelle résolution à l’ONU ?

Le patron du Quai d’Orsay s’est félicité de la démarche de John Kerry. (Crédit : Mark Garten)

Les Israéliens craignent de voir l’administration américaine soutenir une nouvelle résolution sur le Proche-Orient avant le 20 janvier. La Maison Blanche dément.

Se méfier jusqu’au bout. Tel semble être le mantra de la diplomatie israélienne en ces derniers jours de l’administration Obama. Le président démocrate quittera la Maison Blanche le 20 janvier pour laisser place à un Donald Trump dont les premières déclarations ont reçu un accueil très favorable à Jérusalem. Quinze jours, un délai trop court pour tenter une dernière embardée ? Pas si sûr, estime les diplomates israéliens. Depuis des mois, les stratèges du gouvernement Netanyahou et du Conseil de sécurité nationale tablent sur une série de mouvements que pourraient prendre Barack Obama, en fin de mandat, pour contraindre l’Etat hébreu à engager des négociations avec l’Autorité palestinienne.    

L’une des options envisagées consistait en une intervention officielle présentant les paramètres d’un règlement du conflit israélo-palestinien. Soit précisément l’intention exprimée par le discours cinglant de John Kerry, le 28 décembre. L’interrogation porte désormais sur la transformation pratique de cette prise de parole. Pourrait-elle donner lieu à une nouvelle résolution du Conseil de sécurité, aux conséquences autrement problématiques pour l’Etat d’Israël que la résolution 2334, votée le 23 décembre ?

Les Américains auraient indiqué à leurs homologues israéliens leur intention de ne pas engager ou soutenir de nouvelles initiatives à l’ONU avant le 20 janvier. Interrogé par CNN, le conseiller adjoint américain à la sécurité nationale, Ben Rhodes, s’est voulu rassurant : l’administration Obama mettra bien un veto à toute résolution reconnaissant un Etat palestinien ou dictant les conditions d’une solution au conflit. Benjamin Netanyahou a néanmoins demandé aux diplomates israéliens de tout faire pour entraver la possibilité que plusieurs États présentent un texte dans la foulée de la Conférence pour la paix au Proche-Orient le 15 janvier, à Paris.


Testament politique 

Critiqué pour s’être abstenu le 23 décembre, Barack Obama est désormais sommé par des leaders de la communauté juive américaine de renoncer à prendre part à ce sommet auquel Mahmoud Abbas devrait participer, à la différence de Benjamin Netanyahou. Dans un communiqué publié le 2 janvier, les leaders de la Conférence des présidents des organisations juives américaines regrettent que l’administration Trump « soit empêchée » de participer aux débats. « Il est temps de réfléchir sérieusement à la meilleure façon de parvenir à la paix, et non à un autre simulacre où l’on s’attend à des mesures unilatérales habituelles contre Israël », peut-on lire dans ce texte. 

Une critique qui n’est pas de nature à émouvoir le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault. Le patron du Quai d’Orsay, à la manœuvre dans l’organisation de ce sommet qui réunira les représentants de soixante-dix Etats, sept mois après une première manche décevante, s’est félicité de la démarche de John Kerry. « Je salue le discours clair, courageux et engagé de John Kerry en faveur de la paix au Proche-Orient et de la solution des deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte en paix et en sécurité » a affirmé M. Ayrault. « La France partage la conviction du Secrétaire d’Etat américain de la nécessité et de l’urgence de mettre en œuvre cette solution des deux Etats ». 

Le grand raout, qui aura pour François Hollande les atours d’un testament diplomatique, sera aussi l’occasion pour les candidats à la présidentielle de prendre leurs marques dans ce dossier ô combien sensible… et potentiellement porteur sur le plan électoral. Le premier à se lancer est Benoit Hamon, candidat à la primaire de la gauche et déjà co-auteur d’un projet de résolution en faveur de la reconnaissance d’un Etat palestinien, voté au Parlement français en décembre 2014. « Il faut avancer aujourd’hui pour assurer l’insertion d’Israël dans un environnement pacifique qui lui assure la sécurité à long terme » a avancé le députe des Yvelines, le 2 janvier, sur le plateau de l’émission « Quotidien » sur TMC. « Pour cela, il faut poser un acte politique et symbolique fort : la reconnaissance par la France et je l’espère d’autres Etats, de la Palestine ». Le soutien à la cause palestinienne, vieille antienne d’une certaine gauche française. 

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