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17 Janvier 2017 | 19, Tevet 5777 | Mise à jour le 17/01/2017 à 19h30

Rubrique Israël

Shlomo Mor-Yosef : « Notre modèle d’aide aux victimes est unique au monde »

(DR)

L’ancien directeur général de l’hôpital Hadassah de Jérusalem est aujourd’hui à la tête du Bitouah Leoumi, la sécurité sociale israélienne. Nous avons rencontré cet éminent professeur à la veille de sa participation à la conférence internationale sur l’aide aux victimes du terrorisme qui s’est tenue le 9 janvier à l’Unesco.

Actualité Juive : Quelle est la spécificité du modèle israélien en matière d’aide aux victimes de terrorisme ?

Shlomo Mor-Yosef : En Israël, depuis une loi datant des années 50, les victimes du terrorisme bénéficient des mêmes droits que les soldats tués ou blessés, aussi bien sur le plan financier que médical ou psychologique .Il existe un principe fondamental qui est celui de la responsabilité d’Israël vis-à-vis de ses citoyens sur le plan sécuritaire. S’il existe des failles dans ce domaine, le pays doit alors compenser, réparer. La première chose est de définir si l’événement en question s’apparente à une attaque terroriste. C’est le ministère de la Défense qui est compétent en la matière. Cela dit, tout est donc pris en charge par le Bitouah Leoumi sur le plan médical, notamment en termes du suivi des sujets. Après avoir vécu la scène d’un attentat, certaines personnes peuvent ressentir des troubles mentaux. S’ils ont un traumatisme qui a été diagnostiqué par un médecin, nous nous chargeons alors de les accompagner, de leur apporter le meilleur traitement.  


A.J.: Qu’en est-il du volet des indemnités financières ?

S. M-Y. : Pour une personne blessée, physiquement ou moralement, qui a vécu un attentat, celle-ci se verra verser une indemnité mensuelle tout le restant de sa vie. Cela vaut pour un résident israélien mais également pour un touriste, un travailleur étranger, etc. Si un résident israélien se trouve dans un autre pays et qu’il est victime d’un attentat visant une cible juive, comme à Toulouse, alors il bénéficiera de l’ensemble des droits. C’est en cela que notre modèle est unique au monde.  Si une femme a perdu son mari durant une attaque en Israël, elle va toucher une allocation de 9000 shekels par mois en moyenne. Pour un blessé, tout est calculé en fonction de la gravité de son handicap. Le gouvernement israélien prendra en charge un certain nombre de dépenses destinées à reconstruire la personne. 


A.J.: Qu’attendez-vous de cette conférence internationale à Paris ?

S. M-Y. : Il s’agit de la toute première édition du genre. L’idée est vraiment de partager et de confronter les expériences de chaque Etat. En Israël, malheureusement, cette question d’aide aux victimes de terrorisme est ancrée dans l’histoire du pays. Il faut que se généralisent des accords bilatéraux entre les pays. Regardez, lors de la récente attaque au marché de Noël de Berlin, deux Israéliens comptaient parmi les victimes. Dans la réalité, le gouvernement allemand ne prévoit aucune aide pour ces familles israéliennes endeuillées. Ce qui ne serait évidemment pas le cas si deux Allemands avaient été touchés par un attentat sur le territoire israélien. 

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