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28 Mars 2017 | 1er, Nisan 5777 | Mise à jour le 27/03/2017 à 11h02

Chabbat Vayikra : 20h02 - 21h10

Rubrique Judaïsme

Ce qu'il faut savoir sur le jeûne du 10 Tévet

(Flash90.)

« Je désire rappeler la détresse qui m’a accablé. De trois malheurs, en ce mois, j’ai été violenté ; j’ai été taillé, endeuillé, frappé… ». C’est ainsi que débute un texte liturgique (seli’ha), récité le 10 tévet, jour qui a marqué la mémoire juive.

Ce jeûne commémore, en effet, trois événements tristes qui ont frappé Israël : c’est un 10 tévet que les sièges des Babyloniens autour de Jérusalem ont commencé. Ce siège annonce la destruction du premier Temple qui aura lieu quelque temps plus tard et la fin du premier Etat juif, en -586. C’est aussi le 10 tévet que l’on commémore la disparition de l’un des plus importants personnages de l’histoire du peuple juif : Ezra le scribe à qui un livre de la Bible est consacré. Artisan du rétablissement d’un foyer juif en terre promise après les soixante-dix ans de l’exil en Babylonie, il a également consacré sa vie à la consolidation du peuple juif et à l’enseignement de la Torah. Or selon la coutume, il est bon de jeûner le jour de la mort de son maître. En fait, Ezra a quitté ce monde le 9 tévet mais c’est le 10 que l’on honore sa mémoire. 

Le troisième événement rappelé, en ce jour, est la rédaction de la traduction en grec de la Bible, la Septante, réclamée par les autorités grecques d’Egypte, traduction remise le 8 tévet à Ptolémée II. Le 10 tévet s’inscrit ainsi dans le prolongement des événements commémorés à Hanouka, notamment l’opposition des juifs au syncrétisme proposé par les hellénistes. La Torah relève de l’universel. Il a bien été demandé aux enfants d’Israël d’écrire, sur des pierres frontalières du Jourdain, la traduction de la Torah en soixante-dix langues, celles de toutes les nations, au moment de l’établissement des enfants d’Israël en terre promise. La problématique ici n’est donc pas celle de l’universel mais celle de la perception d’une volonté de substitution des rôles et des missions. Selon la tradition talmudique, quand la traduction fut remise, le monde fut plongé dans l’obscurité trois jours durant, donc jusqu’au 10 tévet.

Ce jour est accompagné de prières particulières, de récitation de seli’hoth, de repentir, d’introspection. On y réfléchit sur la notion de techouva, de retour à soi. Le lien à la nourriture peut parfois nuire à l’effort spirituel, à la pensée. On prend quelque distance avec la matière et on tente de nourrir son âme, de reconstruire le Sanctuaire qui nous habite, de faire revivre les enseignements des maîtres, de combattre la confusion, d’apporter un peu de lumière. La dimension essentielle du jeûne se confond dans la refonte de sa personne. Le 10 tévet n’est pas un jour de désespérance mais une occasion de revenir dans le passé, parfois éprouvant, pour en sortir renouvelé et confiant dans la destinée messianique promise au monde. 


Dimanche 8 Janvier

Début du jeûne : 7h

Fin du jeûne : 17h57

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