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17 Janvier 2017 | 19, Tevet 5777 | Mise à jour le 17/01/2017 à 19h30

Rubrique Judaïsme

Parachath Vaygach : Communautarisme ?

(flash90.)

’est un mot qui n’a pas bonne presse, par les temps qui courent puisqu’il est à contre courant du modèle social de notre sacro sainte démocratie. Nous voulons parler du mot « communautarisme », une attitude qui pousse les hommes d’une même culture, d’une même ethnie ou d’une même religion à vivre ensemble ou tout au moins à se distancer du reste de la société. Il est intéressant de noter que ce choix d’existence prend racine dans notre paracha. Sous l’éclairage de ’Hanouka…

Après les retrouvailles de Yossef avec ses frères, Yossef leur propose de retourner en terre de Kénaane, chercher Yaakov, leur père, pour qu’il l’installe en Egypte (1). Et en fait, c’est toute la famille du patriarche qui s’installera dans ce nouveau pays dirigé par Yossef. Toutefois, ce dernier lui précise que son père habitera la terre de Gochène, une terre située dans le nord de l’Egypte, idéale pour les troupeaux de Yaakov. Mais cette mise à l’écart de Yaakov par son fils s’explique par une autre raison, donnée par le Rambane (2) : Yossef savait que Yaakov voulait prendre ses distances avec l’impureté de l’Egypte. C’est pourquoi il lui réserva ce territoire qu’il n’affectera qu’à son père et à ses frères. Personne d’autre n’y  habitera. 


Transmettre


Nous sommes ici, en présence d’un fait décrit par la Thora, à l’initiative de Grands de notre peuple. C’est donc l’indice que cette initiative communautariste est hautement positive. On peut lui donner pour plusieurs raisons : lorsque des individus d’un groupe étranger se trouvent sur une terre qui n’est pas la leur, ils cherchent naturellement à se regrouper pour ne pas perdre pied dans un environnement qu’ils ne connaissent pas. De plus, leur culture, leur religion ou leurs coutumes sont partie intégrante de leur personnalité et faire tomber les barrières qui les séparent de la majorité ambiante pourrait les affecter au plus haut point. Mais pour Yaakov, vivre en communauté présente un intérêt capital. Celui de la transmission. Or pour un Juif, la transmission des valeurs du judaïsme est indissociable de l’idée de séparation. Pour qu’un enfant puisse être pénétré de l’esprit et de la pratique de la Thora, il doit être préservé de toute influence qui pourrait perturber l’acquisition de valeurs juives Et d’ailleurs, le texte nous rapportera qu’avant qu’il n’arrive en Egypte, Yaakov prendra soin d’envoyer Yéhouda, l’un de ses fils, préparer une Yéchiva sur place : pour que l’avenir des enfants d’Israël soit assuré. 


Deux forces contraires


Les tenants de l’anticommunautarisme auraient de quoi s’insurger. L’ouverture vers l’autre n’est-elle pas une donnée essentielle pour la bonne marche de l’humanité ? A cette interrogation, nos Maîtres répondent que la proximité avec ’Hanouka n’est pas fortuite : un Juif doit cumuler deux mouvements en lui : il doit préserver son particularisme en prenant ses distances avec le monde mais dans le même temps, il doit éclairer son environnement. Mieux encore, les deux mouvements sont liés l’un avec l’autre. C’est précisément grâce à ce temps de repli sur soi qu’il aura la force d’éclairer ceux qui l’entourent et de parvenir à les mener sur le chemin du Bien.  


Notes

(1)  Chap. 45, verset 10.

(2) Plus connu sous le nom de Na’hmanide (1194-1270). Il fut l’une des plus grandes autorités du judaïsme espagnol.

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