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27 Février 2017 | 1er, Adar 5777 | Mise à jour le 24/02/2017 à 17h56

Chabbat Térouma : 18h19 - 19h26

Rubrique Israël

Ori Sobovicz : « Malgré les campagnes du BDS, tout le monde vient voir Israël »

(Crédit DR)

Plusieurs milliers d’investisseurs, d’entrepreneurs, de décideurs et de journalistes se sont donné rendez-vous pour tracer l’innovation de demain. Pour en savoir plus, Actualité Juive a rencontré Ori Sobovicz, directeur général adjoint d’OurCrowd, l’organisateur de l’événement.

Actualité Juive: OurCrowd, c’est quoi exactement ?

Ori Sobovicz : Une start-up internationale de financement participatif imaginée, en 2003, par Jonathan Medved, un juif américain qui a fait son alyah il y a une trentaine d’années, élu investisseur de l’année par le magazine économique américain Forbes. La société est à Jérusalem, elle a 2 filiales, en Australie et aux USA, et elle investit exclusivement dans des start-up technologiques.


A.J.: Quelle est l’idée ?

O.S. : Pourquoi faire appel à une banque alors que des milliers de personnes n’attendent que d’investir dans des projets prometteurs. Une nouvelle forme de financement de start-up. C’est en investissant dans une société dès ses premiers pas qu’on a le plus de chance de faire une bonne affaire et d’avoir un retour conséquent sur placement. OurCrowd c’est en fait rassembler une masse - crowd en anglais - d’investisseurs autour d’un projet afin qu’il réussisse.  


A.J.: Que pourra-t-on voir durant ce salon ?

O.S. : Tout ce que les nouvelles start-up ont à proposer, toutes les innovations qui feront qu’Israël continuera à contribuer à un monde meilleur. De grands experts vont animer des débats et des conférences pour tenter de définir ce que sera le futur. Le futur qui en fait est déjà là, pendant ce salon à Jérusalem. Il faut juste venir le voir de ses propres yeux. 


A.J.: Comment se portent les investissements réalisés en Israël en matière de technologie ?

O.S. : Très bien et en constante augmentation. OurCrowd collecte des fonds dans le monde entier. 300 millions de dollars ont déjà été investis dans une centaine de start-up dont 70 israéliennes.  9 sont déjà cotées en Bourse et 7 ont été rachetées par des géants mondiaux.


A.J.: Pour avoir une idée, quelle a été la somme levée en 2016 ?

O.S. : Plus de cent millions de dollars et notre réseau comprend des dizaines de sociétés mais aussi  17 000 investisseurs, qui peuvent miser à partir de 10000 dollars s’ils répondent aux critères exigés.


A.J.: Comment décelez-vous les start-up de demain ?

O.S. : On en étudie plusieurs milliers, on sélectionne et on recherche des investisseurs. Nous avons récolté, par exemple, 1,3 million de dollars pour lancer ReWalkRobotics qui fabrique un exosquelette robotisé permettant aux personnes paralysées de remarcher. Un représentant d’OurCrowd siège ensuite au conseil d’administration de la nouvelle entreprise afin de l’aider à se développer.


A.J.: Quelle est la start-up israélienne dans laquelle vous avez investi et qui cartonne actuellement ?

O.S. : Replay Technologies fondée en 2011. Elle a mis au point «Be the player» un système utilisé par Fox Sport au moment de la diffusion, il y a deux semaines, du Super Bowl américain et qui permet au téléspectateur de revoir, à sa guise, des extraits du jeu à 360 degrés. 


A.J.: Comment expliquez-vous qu’Israël, qui à priori, ne jouit pas de conditions propices - situation sécuritaire précaire, manque de ressources naturelles, appels au boycott - parvient-il à se placer en tête des nations start-up ?

O.S. : Nous n’avons peut-être pas de ressources naturelles, mais nous avons une richesse humaine incroyable. De plus, Israël n’a pas eu vraiment le choix que celui d’être le meilleur. Entouré de pays ennemis, il était contraint de développer une armée intelligente et donc des systèmes technologiques de pointe. D’autre part, une grande majorité du pays est recouverte par le désert. Il a donc fallu inventer des moyens de produire de l’eau, d’irriguer et de cultiver sur des terres arides, dont beaucoup sont utilisés, aujourd’hui, à travers le monde. Et puis, les Israéliens aiment les défis. Il suffit de leur présenter un problème que personne n’a encore réussi à solutionner, pour qu’ils aient la motivation d’aller jusqu’au bout. 


A.J.: En 2016, 3 000 investisseurs et entrepreneurs étaient au rendez-vous du salon. Et cette année ?

O.S. : Plus de 6 000 de 82 pays dont la France. Du jamais vu!  Il est incroyable de voir à quel point Israël attire les investisseurs étrangers. Les investissements y sont plus importants que ceux réalisés dans toute l’Europe. 4,8 milliards de dollars en 2016, un record. 


A.J.: Le fait que ce salon ait lieu à Jérusalem favorise-t-il l’image d’Israël notamment sur fond d’appel au boycott ?

O.S. :  Oh oui ! Malgré les campagnes du BDS, tout le monde vient voir Israël. D’ailleurs, nous ne luttons pas contre le boycott. On y répond en proposant notre technologie et en invitant le monde entier à investir dans nos start-up qui contribuent au bien-être de toute l’humanité. Même les pays arabes investissent via notre plateforme, Ils nous ont même demandé de l’aide pour obtenir les visas d’entrée en Israël pour assister au salon.

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