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27 Mars 2017 | 29, Adar 5777 | Mise à jour le 27/03/2017 à 11h02

Chabbat Vayikra : 20h02 - 21h10

Rubrique Judaïsme

Parachath Bo : Dans les limites du monde

(DR)

A propos de la neuvième plaie, celle de l’obscurité, la Tradition nous propose deux lectures de l’événement. Celle du sens littéral, proposée par Rachi et celle du Midrash qui voit cette plaie comme un événement miraculeux. Au final, nous lirons le texte sous l’éclairage de Rachi car c’est, avant tout, le sens simple qui doit s’imposer à nous.

Mais avant de reprendre ces deux options, reprenons le texte (1) : « Moché étendit sa main vers le ciel, il y eut l’obscurité dans tout le pays d’Egypte… ». Et Rachi de se demander pourquoi D.ieu fit-Il tomber cette plaie : durant cette plaie, les enfants d’Israël (qui n’étaient pas soumis à cette plaie) ont pu, pendant la durée de la plaie, chercher et repérer les trésors des Egyptiens. Comme ils devaient quitter l’Egypte, quelques jours plus tard, avec la richesse de ce pays, ils savaient où était cachée cette richesse, dans le cas où les Egyptiens leur diraient qu’ils ne possédaient rien.


Un effort

Le Midrash Chémoth rabba propose une lecture miraculeuse de ce texte : comme il est écrit au verset suivant « …qu’il y avait de la lumière dans leurs habitations (2), il explique, qu’à travers l’obscurité, une lumière spéciale accompagnait chaque Juif à la recherche des trésors. Comment le déduit-il du texte ? Tout simplement du fait qu’il est écrit « qu’il y avait de la lumière dans leurs habitations » au lieu de « qu’il y avait de la lumière dans la terre de Gochène (3) ». C’est donc la preuve que tout endroit dans lequel un Juif rentrait, une lumière miraculeuse l’accompagnait pour éclairer les cachettes des Egyptiens. Mais Rachi ne souscrit nullement à cette interprétation. Pour lui, la lumière qui éclairait les enfants d’Israël était une lumière naturelle, sans aucune intervention miraculeuse. Et d’ailleurs, le commentateur utilisera le mot « chercher » pour bien montrer qu’il fallait un effort pour retrouver les trésors.


Avec une grande richesse

Comment devons-nous comprendre la démarche de Rachi ? Il existe un principe fondamental qui parcourt la Thora et selon lequel, il, faut s’efforcer d’accomplir les commandements divins d’une manière naturelle, sans avoir recours au miracle. Si D.ieu a créé et édifié un monde naturel c’est pour qu’à l’intérieur, nous accomplissions Sa volonté, sans bouleverser (par un miracle) les règles qu’Il a établies. C’est pourquoi, Rachi, le commentateur du sens simple, qui ne se préoccupe que de la réalité concrète, ne peut envisager ici un quelconque bouleversement du cycle naturel. Comme cela est mentionné dans la parachath Lè’h lé’ha (4), D.ieu promit à Avraham que ses enfants seraient exilés sur une terre étrangère mais qu’ils la quitteraient avec une grande richesse. Pour Rachi, cette dernière condition, si dépendante de la sortie d’Egypte devait s’accomplir de la manière la plus naturelle ! Et c’est là, d’ailleurs, toute l’essence du projet divin : intégrer la plus haute spiritualité dans les limites du monde pour prouver que, fondamentalement, rien ne peut s’opposer à D.ieu. 


Notes

(1) Parachath Bo, chap. 10, verset 22

(2) Dans les habitations 

des enfants d’Israël

(3) Lieu de résidence 

des enfants d’Israël

(4) Parachath Lè’h lé’ha, Chap.15, verset 14


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