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27 Mars 2017 | 29, Adar 5777 | Mise à jour le 27/03/2017 à 11h02

Chabbat Vayikra : 20h02 - 21h10

Rubrique Judaïsme

Grand rabbin Haïm Korsia. Tou Bichvat et la modernité de l'écologie

"Sachons préparer le futur de nos enfants en remerciant l’Eternel de la planète qu’Il nous offre et de ce qu’Il nous donne tous les jours." (DR)

Le billet de Haïm Korsia, Grand Rabbin de France, Membre de l'Institut.

Tou Bichvat, le nouvel an des arbres, est tout à la fois la célébration de la nature créée par D.ieu et du lien du peuple juif à la Terre d’Israël, et plus largement, à toute la création. C’est une forme très ancienne d’intérêt majeur pour l’écologie.

« L’Eternel prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour le travailler et le conserver » (Gn. II, 15), nous enseigne la Bible. D.ieu a créé la nature pour permettre à l’homme d’y vivre. Pour autant, il nous incombe de la travailler et de la conserver – de la travailler pour pouvoir en vivre, mais en gardant toujours à l’esprit qu’elle est un joyau qu’il nous faut préserver. Peut-être faudrait-il prendre exemple sur les Japonais qui font, chaque année, de la floraison des cerisiers, un événement mémorable qui mobilise les grands titres de la presse ?

Il faut avoir, individuellement et collectivement, la décence et le courage de limiter l’exploitation de nos ressources. Il est urgent de se mobiliser, pour faire face notamment au réchauffement climatique, à la désertification et au déboisement. Il nous faut agir pour protéger la Terre que l’Eternel a créée pour nous, celle qui fut jadis travaillée par nos ancêtres, et que nous lèguerons à nos enfants. La responsabilité nous incombe de chérir cet héritage pour pouvoir le transmettre aux générations futures, avec au cœur, le respect de la vie.


« Il faut avoir, individuellement et collectivement, la décence et le courage de limiter l’exploitation de nos ressources »

Tou Bichvat est l’occasion de remercier l’Eternel pour sa création. Aussi réciterons-nous les bénédictions avant de consommer des fruits, et tout particulièrement des fruits d’Israël, terre d’abondance, « un pays qui produit le froment et l'orge, le raisin, la figue et la grenade, l'olive huileuse et le miel » (Dt. VIII ; 8), comme l’a demandé l’Eternel quand il a confié aux Hébreux la Terre d’Israël : « Tu jouiras de ces biens, tu t'en rassasieras. Rends grâce alors à l'Éternel, ton D.ieu, du bon pays qu'il t'aura donné » (Dt. VIII ; 10).

L’arbre est aussi le symbole de l’éducation et de la transmission. Des racines qu’il plonge dans la terre, par lesquelles il puise dans son histoire, grâce auxquelles il s’ancre dans le passé et voit la naissance d’un projet qui s’appelle un arbre. De la solidité des racines naissent un tronc, des branches, des feuilles, des fleurs et des fruits qui regardent vers le ciel et l’avenir.

Parce qu’il est si difficile de grandir sans racines, sans valeurs ni traditions, il convient toujours de se remémorer d’où l’on vient pour parvenir à aller de l’avant.

C’est la raison pour laquelle nous inaugurerons très bientôt avec le Keren Kayemet LeIsrael une forêt portant les noms des quarante-et-un rabbins disparus sous le joug de la barbarie nazie, afin de leur rendre hommage et de perpétuer leur mémoire. 

Par-delà la célébration religieuse de Tou Bichvat, il est important de savoir transmettre cette mémoire du respect de ce qui nous vient de D.ieu, de ce qui nous vient en héritage du travail de nos anciens. Et Tou Bichvat en est aussi l’écho, celui de l’enseignement du Talmud : « De même que mes pères ont planté pour moi, je planterai pour nos enfants ». (Taanit, 23a).

Sachons préparer le futur de nos enfants en remerciant l’Eternel de la planète qu’Il nous offre et de ce qu’Il nous donne tous les jours. 

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