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30 Avril 2017 | 4, Iyyar 5777 | Mise à jour le 28/04/2017 à 14h04

Chabbat A'harémot - Kédochim : 20h54 - 22h09

Rubrique Judaïsme

Une fête en mouvement

(Flash90.)

D’une simple date d’importance légale, le 15 chevat a pris, au fil des siècles, une résonance mystique, puis sioniste et enfin écologiste.

Il faut le rappeler pour comprendre l’évolution. A l’origine, le 15 du mois de chevat (TouBichvat) n’est qu’une date arbitraire (enfin, pas tout à fait vue la saison) pour donner un âge aux arbres. Avec toutes les conséquences fiscales et légales que cela implique. Suite à la dispersion des juifs qui, dans leur immense majorité, ne s’adonnent plus à l’agriculture en terre d’Israël, cette date perd de son importance pendant plus d’un millénaire.

Mais au 16ème siècle, sous l’impulsion des cabalistes de Tsfat et surtout du Arizal, qui vivent donc en Erets Israël, cette « fête », qui alors n’en est pas encore une, acquiert un aspect mystique. Ce, de par « l’invention » du seder de TouBichvat et la naissance de la coutume de consommer des fruits lors de ce nouvel an des arbres. Mais la fête reste tout de même des plus mineures d’autant plus que la plupart des juifs ashkénazes (majoritaires dans le monde juif) n’ont ni la possibilité ni les moyens financiers de consommer tout un tas de beaux fruits en plein hiver. Et doivent se contenter, au mieux, de quelques fruits secs.

Tout va changer avec l’entreprise sioniste. Car, comme le dit un texte publié pour l’occasion, avant cette dernière, TouBichvat « était une fête enracinée dans un passé ancien et un avenir très distant ». Ce qui n’est plus le cas pour les pionniers qui arrivent d’Europe (et d’ailleurs) à la fin du 19ème et début du 20e siècle. Car, ceux ci viennent non seulement vivre en terre d’Israël mais ils y établissent, aussi, des communautés agricoles. Du coup, cette fête tombe à pic car elle leur donne l’occasion d’exprimer leur amour de la terre, leur volonté de rendre à cette même terre (alors désolée) sa verdoyance passée ainsi que de souligner l’importance du retour au travail agricole (en tant que moyen de forger l’homme nouveau débarrassé des scories de l’exil).


Tou Bichevat quitte le domaine privée  pour devenir célébration publique


Un tout nouveau folklore se développe, alors, autour de TouBichvat, une fête qui est pour ainsi dire « nationalisée ». Celle-ci quitte, en effet, le domaine privée (consommation de fruits à la maison) pour devenir célébration publique. Qui se manifeste, notamment, par la plantation d’arbres aux quatre coins du pays, plantations qui s’accompagnent de défilés avec musique, danse et banderoles. 

A noter que cette coutume s’est enracinée dans la société israélienne puisque l’on estime que, de nos jours, un septième de la population de l’État hébreu va planter des jeunes arbres le jour de TouBichvat. Parmi eux, nombre d’écoliers qui ignorent, souvent, qu’il s’agit là d’une pratique récente.

D’une manière encore plus symbolique, ces premiers sionistes voient, aussi, dans cette fête, un écho au développement et à l’épanouissement du peuple juif venu refleurir dans sa patrie ancestrale. Une vision qui explique probablement pourquoi le Parlement israélien tint sa première réunion (en 1949) à cette même date.

Mais, cette fête ne cesse d’évoluer. Après les cabalistes et les sionistes, les écologistes s’y intéressent depuis quelques décennies. Ils profitent de l’événement pour rappeler (souvent dans leurs communautés) l’importance de l’environnement en se basant sur les sources juives concernant le respect de la nature.

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