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25 Avril 2017 | 29, Nisan 5777 | Mise à jour le 25/04/2017 à 16h17

Rubrique Judaïsme

Parachath Yitro : Le converti comme exemple ?

(Illustration Gustave Doré)

Le nom de notre paracha est celui d’un homme au destin extraordinaire. Ytro connut toutes les formes d’idolâtrie pour finir par découvrir la vérité en adhérant au judaïsme. Mais pourquoi, s’étonnent nos commentateurs, avoir choisi le nom d’un converti pour désigner notre paracha qui décrit le don des dix commendements, l’évènement fondateur de notre identité ? Il nous faut donc admettre que ce nom renvoie à l’essence même du judaïsme.

l existe une immense différence entre un Juif et un converti. Le premier décrit une donnée innée irréversible. On est Juif parce que nos parents sont juifs et parce que cette identité s’inscrit dans un héritage. En d’autres termes, nous avons été choisis d’En Haut pour bénéficier de ce privilège sans que cela n’implique de notre part un quelconque engagement. Ainsi un juif peut rester toute une vie sans s’améliorer et sans changer de comportement dans le sens du Bien. Et pour autant, il restera Juif qu’il le veuille ou non. Il en va tout autrement d’un converti dont l’âme juive est profondément cachée dans un corps non juif et que le processus de conversion va révéler au grand jour. Avec le Mikvé et la circoncision, il deviendra Juif à part entière. Toutefois, sa vie sera un continuel effort pour faire de cette nouvelle nature une donnée indissociable de sa personnalité. Au point, disent nos Maîtres, que son adhésion au judaïsme le transformera physiquement par ses efforts spirituels.


Une autre vie

Nous avons là, allusivement, la raison pour laquelle la paracha des dix commandements porte le nom de Ytro, le premier converti au judaïsme. Le mot Ytro se rapproche étymologiquement du mot hébreu « Yoter » qui signifie « plus ». Comme pour nous indiquer une donnée fondamentale de l’identité juive : l’héritage est une notion statique qui n’implique pas forcément le dépassement de soi. Il ne faut pas en rester là. Nous devons vivre l’étude de la Thora et la pratique des Mitzvoth sur le mode de la vie d’un converti, en ajoutant continuellement un plus dans notre existence. Au moment où D.ieu nous donne la Thora, Il nous avertit que le judaïsme ne se pratique pas. Il se vit, avec un perpétuel désir de progresser. Il est intéressant de remarquer que le mot hébreu  µyyj qui veut dire « vie » s’écrit au pluriel. Parce qu’il existe deux types de vie, expliquent nos livres anciens : celle purement végétative, sans vitalité, sans bouillonnement spirituel et intellectuel. Puis l’autre, véritablement vivante qui confine à la recherche active de la perfection. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le Talmud compare le converti à un nouveau-né : pour nous inviter à penser notre vie comme une naissance quotidienne. Un jour pourrait-il passer sans être différent de la veille ?


Affaiblir le Mal

Mais il est encore un autre point sur lequel un converti doit nous inspirer, au moment où l’on reçoit la Thora. Un converti vient d’un monde où le Mal impose son autorité pour choisir la voie du Bien. Il vient, en fait, prouver, qu’au plus fort de sa volonté, le Mal peut être éradiqué ou tout au moins affaibli. Cette conversion existe aussi chez chaque Juif. Quand il décide de ne pas écouter des propos calomnieux ou de ne pas regarder des images ou des scènes inconvenantes, il réduit la vitalité du Mal et transforme sa personne et son environnement en un lieu où D.ieu peut résider.

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