Default profile photo

30 Avril 2017 | 4, Iyyar 5777 | Mise à jour le 28/04/2017 à 14h04

Chabbat A'harémot - Kédochim : 20h54 - 22h09

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Etats-Unis-Iran, la fin de l’apaisement

(DR)

En sanctionnant les tirs de missiles iraniens, Donald Trump tourne le dos à la politique de l’administration Obama.

« L’Iran joue avec le feu. Ils ne comprennent pas combien le président Obama a été “gentil” avec eux. Pas moi ! ». Un tweet de Donald Trump vaut – parfois – mieux que de longs discours. Le test de missile balistique par l’Iran, le 29 janvier, a sonné le départ de ce qui s’apparente comme la première crise entre l’administration républicaine et le régime iranien, « le plus grand Etat soutenant le terrorisme au monde » selon James Mattis, le nouveau secrétaire d’Etat américain à la Défense.

Washington a annoncé, le 3 février, de nouvelles sanctions contre treize personnes et douze entités accusés de soutenir le programme de missiles iranien. Ces cibles ayant été identifiées dès l’an dernier par l’administration Obama, la rupture ici se veut d’abord une affaire de mots. « A partir d’aujourd’hui, nous mettons officiellement l’Iran en garde » a averti le Conseiller à la Sécurité nationale, le « faucon » Michael Flynn.

L’intronisation de Donald Trump à la présidence n’a pas altéré une tendance très nette apparue pendant sa campagne : la volonté d’accroître la pression sur l’Iran dans lequel il voit la principale menace pour les intérêts des Etats-Unis et de ses alliés au Moyen-Orient, Israël et l’Arabie Saoudite. Semblant hésiter sur la pertinence d’une remise en cause frontale de l’accord sur le nucléaire signé en juillet 2015, l’administration républicaine se concentre sur ses prolongements périphériques, à travers le programme balistique du régime. L’Iran a procédé le 29 janvier aux tests de deux missiles, le Shahab-3 d’une portée 1300 km – déjà expérimenté le 6 décembre - et, selon le quotidien allemand Die Welt, le missile de croisière Soumar. La Maison Blanche y voit là une violation de la résolution 2231 du Conseil de sécurité, une interprétation extensive rejetée par Téhéran et Moscou. 


Moscou et Pékin prennent leurs distances avec Trump

« Les armes affichées ressemblent étroitement au design du missile de croisière russe Kh-55, que l’Iran a obtenu, d’après certaines informations, secrètement de l’Ukraine en 2001 » estime dans une note Farzin Nadimi. Ce chercheur au think tank Washington Institute pointe une grave menace pour la sécurité des Etats du Golfe persique mais aussi potentiellement pour la dissuasion israélienne. « Il ne faut que sept minutes au missile iranien pour frapper Tel-Aviv » a d’ailleurs menacé Mojtaba Zonour, un ancien responsable des Gardiens de la Révolution, la branche la plus dure du pouvoir iranien. 

Invoquant par l’intermédiaire du chef de sa diplomatie, Mohammed Javaz Zarif, des exercices « de défense », Téhéran a-t-elle essayé de mettre à l’épreuve le magnat immobilier ? C’est l’avis de Suzanne Maloney, experte à la Brookings Institution. « C’était, je pense, un coup de semonce tout à fait délibéré contre l’administration Trump pour voir quel type de réponse [les Iraniens] pourraient obtenir » indique-t-elle au site américain The McClatchy.

Deux jours après l’annonce par la Maison Blanche d’un décret anti-immigration contre les ressortissants de sept pays musulmans, dont l’Iran, la manœuvre militaire permettait d’évaluer les limites d’une administration encore inexpérimentée. « A moins que les Iraniens aient une connaissance très claire de ce que l’administration [Trump] considère comme des lignes rouges, ils vont tester plus en profondeur si cela fait plus de bruit que de mal » ajoute Mme Maloney.

Face à Trump, les Iraniens comptent sur les efforts déployés par la Russie et la Chine. La première a rappelé ses « relations chaleureuses avec l’Iran » quand Pékin affichait être « constamment oppos[é] aux sanctions unilatérales ». Certaines compagnies visées par les sanctions américaines sont en effet domiciliées dans la capitale chinoise. L’ayatollah Ali Khamenei a quant lui pris date. « Le peuple iranien répondra à ses mots [de Trump, NDR] le 10 février ». Soit la date anniversaire de la révolution islamique de 1979. 

Powered by Edreams Factory