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27 Février 2017 | 1er, Adar 5777 | Mise à jour le 24/02/2017 à 17h56

Chabbat Térouma : 18h19 - 19h26

Rubrique Régions

Michel Cohen-Tenoudji : «Faire avancer notre communauté »

(DR)

Pharmacien et père de cinq enfants, Michel Cohen-Tenoudji a remporté la présidence du Consistoire de Marseille en conduisant la liste Am Ehad. Il souhaite donner à son slogan «parce que chaque juif est précieux », une tournure concrète et explique ici ses projets pour la communauté.

Actualité Juive : La communauté juive marseillaise commence à vous connaître, la communauté juive nationale vous 

découvre. Pouvez-vous rappeler votre parcours communautaire ? 

Michel Cohen-Tenoudji : J’ai été administrateur au Consistoire israélite de Marseille pendant trois ans. Cela m’a permis d’identifier et de répertorier toutes les améliorations possibles qu’il convient désormais d’apporter. 

Mon parcours communautaire est ancien, divers et varié. J’ai fréquenté différents mouvements de jeunesse, puis le centre Edmond Fleg. Je me suis également impliqué au Magen David Adom, dont Luc Benattar, un de mes colistiers s’occupe à Marseille. J’ai été sauveteur international. J’ai ainsi toujours été présent et actif dans la communauté.  

  

A.J.: Sur votre liste figurent plusieurs proches, dont des membres de la famille, de votre prédécesseur Zvi Ammar. S’agit-il pour vous d’opérer un «changement dans la continuité » ? 

M. C-T. : C’est là une critique que l’on m’a souvent formulée au cours de cette campagne. Or, j’ai bien expliqué que si mon ambition était uniquement de refaire ce que Zvi Ammar a fait depuis tant d’années, celui-ci se serait alors représenté lui-même à ces élections.

 Quant à Yvon Ammar, frère de Zvi Ammar, ami de longue date et responsable de la communauté Pekoudat Eléazar que je fréquente, je suis très heureux qu’il soit présent sur ma liste. J’entends plus généralement conserver toutes les bonnes choses qui ont été faites au Consistoire pendant toutes ces années. Il s’agit de s’appuyer sur ce qui a été fait de bon, puis amplifier ce travail et innover dans les autres domaines. Le but étant de faire avancer notre communauté.

Je crois que Zvi Ammar a été un bon président. L’histoire nous le dira. Après un certain nombre d’années, il faut toutefois du sang neuf et l’arrivée de nouvelles forces vives pour faire avancer les choses. 

Je ferai tout moi-même pour ne pas perdurer dans des mandats qui ne se termineraient pas. Le renouveau est toujours constructif dans le sens où il permet d’améliorer ce que nos prédécesseurs ont fait. C’est aussi là le sens de l’Histoire du peuple juif. 

 

A.J.: Vous avez pendant votre campagne annoncé vouloir ouvrir la cacherout à d’autres marchés et d’autres fournisseurs. Cette démarche ne risque-t-elle pas de créer un manque à gagner important pour le CIM ?

M. C-T. : La cacherout est aujourd’hui un dossier difficile et complexe. Elle représente une des sources de revenus du Consistoire, à Marseille comme à Paris. Quant à l’ouverture de marchés, je crois que nos communautés ne peuvent plus être recroquevillées sur elles-mêmes. Nous sommes dans une époque de mondialisation et je ne crois pas en la pérennité des sources de financement des Consistoires. Le marché de la consommation nous imposera cette ouverture inéluctable. La concurrence permettra de fixer le juste prix du cacher. Quant à la Shehita, elle devra se renforcer. Je suis persuadé que la cacherout de Marseille sortira renforcée et gagnante de cette ouverture.



« La concurrence permettra de fixer le juste prix du cacher »

 

A.J.: Vous souhaitez également créer une cellule de conversion ainsi qu’intervenir pour débloquer les cas de divorces litigieux. Comment comptez-vous intervenir sans interférer dans les décisions qui relèvent uniquement des compétences des rabbins ? 

M. C-T. : Les administrateurs n’interviendront jamais dans les décisions halakhiques. Nous voulons toutefois humaniser les services que propose le Consistoire, en agissant sur l’accueil de ceux qui, dans des moments importants et parfois douloureux de leur vie, se tournent vers nous. 

 

A.J.: Quelle va être la première mesure, peut-être symbolique, que vous comptez prendre en tant que nouveau président du Consistoire de Marseille ? 

M. C-T. : J’entends très vite m’atteler à la modernisation de notre administration. Cela va dans le sens de l’amélioration de l’accueil de chacun des membres de notre communauté. Je souhaite aussi mettre à plat les statuts de notre administration ainsi que notre règlement intérieur. J’aimerais que celui-ci serve la communauté et non plus un président. Cela passe par la limitation des mandats ainsi qu’une réorganisation de la notion d’adhésion au Consistoire. Une association forte est une association où les adhérents apportent leur caution. Je ferai en sorte que chaque juif de Marseille puisse adhérer et venir nous apporter son soutien. Il m’importe que toute notre communauté se reconnaisse dans le Consistoire. L’unité doit l’emporter. 

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