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27 Mars 2017 | 29, Adar 5777 | Mise à jour le 27/03/2017 à 11h02

Chabbat Vayikra : 20h02 - 21h10

Rubrique Communauté

Comment les Loubavitch ont réussi leur implantation France

(DR)

Avant la guerre, seules quelques familles Loubavitch habitaient à Paris et fréquentaient surtout la rue des Rosiers et son Shtiebel, sa petite synagogue au numéro 17. Le Rabbi aussi y priait et y donnait des cours de Torah quand il étudiait à la Sorbonne de 1933 à 1940.

«  Après la guerre, Paris accueillit les rescapés des camps d’extermination ainsi que les réfugiés venus d’Europe de l’est, heureux d’avoir pu échapper au communisme. Malgré leur pauvreté et les difficultés d’intégration (ils ne parlaient même pas la langue !), des ‘Hassidim se lancèrent à la remise sur pied de l’éducation juive en France en imprimant des livres et des revues, en créant des Talmud-Torah, la Yechiva de Brunoy puis des écoles juives comme celles d’Aubervilliers et de Yerres. 

C’est avec l’arrivée de Rav Chmouël Azimov et de son épouse comme émissaires officiels à Paris que le mouvement connut une percée fulgurante. Puisque tout devenait permis en mai 68, les étudiants juifs (déjà ébranlés par la miraculeuse guerre des Six Jours un an auparavant) cherchèrent et trouvèrent réponses à leurs questions dans les cours de ‘hassidout. Aux cours, succédèrent les campagnes de Tefilines, Mezouzot, cacherout etc. Les jeunes Loubavitch (d’origine séfarade pour la plupart …) n’hésitent pas à aborder les Juifs dans la rue pour les sensibiliser à leur judaïsme et leur faire accomplir au moins une Mitsva – qui souvent amène à une remise en question et une envie d’approfondir le sujet. 

Avec peu de moyens, les Loubavitch parviennent à mettre sur pied des structures éducatives mais n’oublient pas les femmes, les seniors, les étudiants, les intellectuels, les prisonniers… Petit à petit, les autorités prennent conscience de cette force tranquille, comprennent l’utilité de son action, la respectent et œuvrent avec elle. Ce mouvement insuffle une nouvelle vitalité dans la communauté et répond présent même quand d’autres se découragent. 

Ce n’est pas uniquement leur habillement qui est (un peu) différent mais c’est toute une mentalité forgée par la vision du Rabbi : chaque Juif est un véritable diamant qui a droit à l’éducation juive et aux Mitsvot. La Torah, c’est bon pour le Juif ! Mettant les profonds enseignements de la ‘hassidout à la portée de tous par des livres, des brochures (Ah, la Sidra de la Semaine !), des guides, des cours, des écoles, Internet (que le mouvement a été le premier à utiliser pour diffuser le judaïsme à grande échelle), les différentes branches du mouvement Loubavitch oeuvrent en harmonie vers le même but. Galvanisés par les enseignements du Rabbi, « on continue ! ». Il n’est pas anodin de constater combien le mouvement s’est développé ces dernières années, en quantité mais aussi en qualité et en efficacité. Le formidable essor des commerces cacher en est une preuve supplémentaire. 

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