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27 Mars 2017 | 29, Adar 5777 | Mise à jour le 27/03/2017 à 11h02

Chabbat Vayikra : 20h02 - 21h10

Rubrique Communauté

Le marathon des familles

(Flash90.)

Pourim est déjà là, à en croire la course à laquelle se livrent les familles depuis plus d’une semaine dans les magasins de déguisement et les supermarchés.

Saviez-vous que la préparation logistique de la fête de Pourim avait déjà fait l’objet d’un livre ? Et c’est une spécialiste israélienne des questions d’éducation Marcia Goldlist qui a disserté sur le sujet en faisant paraître en 2016 – l’ouvrage est tout récent – le précis Family Prepations for the Jewish Holidays : Purim. La Canadienne installée à Maalé Adoumim depuis quinze ans avec son mari et ses quatre enfants détaille de façon très précise sur une quarantaine de pages ce qu’il faut savoir du choix des déguisements, de la confection des michloah manot, des coutumes et des lois de la fête. Marcia Goldlist propose même des idées de discussions pour le banquet et aussi étonnant que cela puisse paraître, un rétroplanning des préparatifs. 

Comme si le chemin était aussi important que le but, la spécialiste découd chaque étape de l’organisation en faisant de Pourim une expérience familiale et religieuse devant occuper les discussions et susciter la réflexion entre parents et enfants, bien avant le jour de la fête. A l’évidence, les familles françaises ne sont pas tellement dans ce type de préoccupations à quelques jours de la première lecture du rouleau d’Esther. C’est franchement l’excitation qui domine, entre la chasse aux déguisements, la cuisine et la logistique familiale (on va chez qui dimanche à midi ?). Olivier Louzoun de l’Ile de Beauté, magasin spécialisé dans les déguisements et la fête, le confirme. « On est en pleine effervescence. Les familles ont effectué un premier repérage il y a deux mois et maintenant le magasin ne désemplit pas », raconte le directeur. 

Idéalement situé derrière l’école Haya Mouchka (1.200 élèves), le commerçant voit défiler près de 300 enfants par jour. « Ce qui marche le plus, cette année, ce sont les accessoires. Beaucoup de personnes utilisent un ou deux accessoires de manière à se démarquer et à avoir un panier de prix assez réduit : une petite cravate à sequin ou un nœud papillon coloré, c’est beaucoup moins cher qu’un déguisement complet ». En matière de tenue justement, le carton de 2017, c’est l’égyptienne. « Ce thème a été le plus demandé ». Et les parents s’y mettent. « C’était très particulier. On sentait qu’ils avaient eux aussi besoin de se changer les idées ». Il faut dire que les réjouissances de Pourim sont si joyeuses, le bonheur des enfants si palpable, qu’on ferme un peu les yeux sur les dépenses.  


En pleine effervescence

Rachel, en cuisine tous les soirs depuis lundi dernier, confirme qu’elle est « regardante à moitié sur les frais ». « C’est tellement une fête de joie avec le bonheur dans les yeux des enfants que je regarde plus le côté festif que le côté financier ». Maman de trois adolescents qui s’occupent eux-mêmes de leurs déguisements, la jeune femme prévoit de terminer ses michloah manot samedi soir après la lecture de la Méguila. A pas d’heure, mais Rachel ne compte pas. Elle prépare quinze corbeilles pour sa famille et ses amis. « C’est du boulot, surtout quand on travaille. Faire les courses, les gâteaux, c’est une organisation mais c’est une tradition : ma grand-mère le faisait, ma mère le fait. Je ne pourrais pas faire Pourim autrement ».  

Ajoutez à cela la volonté de bien faire, entre perfectionnisme et originalité, la confection des michloah manot devient un travail à plein temps avec le souci du détail, du petit mot, de l’attention personnalisée. « Cette année, je prépare une vingtaine de paquets et je parie que samedi soir, ma maison ressemblera à un magasin avec de la cellophane partout ! », plaisante Sarah qui a associé son époux aux courses. « Je n’ai pas le choix. Comment  fait-on quand on travaille ? Je fais ce que je peux entre midi et deux et le soir. Je vais commencer mardi (7 mars – Ndr) parce que l’an dernier, je m’y étais prise trop tôt et les gâteaux n’avaient pas tenus. Tout le monde les avait mangés, j’avais dû refaire des fournées ! ».  


Actuellement en plein rush

Déborah, 31 ans, partira à l’heure. Tout sera bouclé, dit-elle, d’ici vendredi soir. A priori, le sujet déguisement est derrière elle puisqu’avec trois garçons, elle a de quoi jongler entre les tailles. C’est la cuisine son sujet pour les prochaines soirées. La recherche et la décoration de contenants lui prennent un certain temps. « J’aime bien mélanger les gâteaux simples et faits maison à des produits industriels. J’ai une dizaine de michloah manot à faire, pour m’inspirer je vais sur Internet et les groupes Facebook ». Elle recherche aussi les nouveautés dans les supermarchés. Eux qui débordent actuellement de références sucrées voient des clients traditionnels comme Déborah et depuis un an ou deux, une nouvelle population de femmes auto-entrepreneurs qui achètent en gros pour faire des corbeilles. « Beaucoup se mettent sur ce business et nous achètent en grande quantité de quoi faire des mchloah manot qu’elles vendent ensuite via le bouche à oreille et sur les réseaux sociaux », confirme Avigaëlle, la directrice commerciale de la Centrale des Produits Kacher. « Dans nos magasins Family Cash, on a essayé de mettre en avant des produits sympas et surtout des promotions. Un euro les deux paquets de gâteaux, c’est pas mal ! ».  Du côté des professionnels, on est fair play sur les nouveaux venus dans le monde des corbeilles. « Cela montre qu’il y a du potentiel ! », observe Yaël K. réputée pour ses beaux objets. La jeune femme est actuellement en plein rush. Plusieurs centaines de michloah manot, allant de 12 euros pour le basique à 150 pour les plus exclusifs, doivent arriver à bon port le jour J.

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