Default profile photo

23 Avril 2017 | 27, Nisan 5777 | Mise à jour le 21/04/2017 à 12h34

Rubrique Communauté

Toute une logistique !

Une communauté prépare les michloa’h manot (Flash90.)

Si Pourim se résumait autrefois à un gentil concours de déguisements et à une lecture de la Meguila à la synagogue le soir puis le matin, les choses ont bien évolué. Pourim est devenu pour les communautés toute une organisation à mettre en place pour accomplir les Mitsvot de la fête – dans la joie.

Depuis que le Beth Loubavitch a institué la lecture de la Meguila toutes les heures, il est devenu beaucoup plus facile de s’acquitter de cette Mitsva. C’est ainsi qu’on voit des jeunes gens dévoués, parfois à peine Bar Mitsva, s’exercer plusieurs semaines auparavant, à bien la lire avec les intonations traditionnelles. Certains d’entre eux vont lire le parchemin sacré jusqu’à dix ou même quinze fois dans la journée, sans compter celles dont ils auront acquitté leur propre communauté le soir et le lendemain matin. En plus du parchemin, il faut prévoir des 

« chauffeurs » qui les accompagneront parfois à la gare ou à l’aéroport avec un planning minutieux : « A la gare en Bretagne, quelqu’un t’amènera à la maison de retraite où M. Lévy sera heureux de te voir ; ensuite, tu fileras en taxi à 100 km de là vers l’hôpital où le docteur Benhamou réunit quelques infirmières et des brancardiers dans son bureau. Depuis la gare, un Breton t’amènera pour que tu lises la Meguila devant sa femme qui est juive », indique Moshé à Israël, un jeune de sa communauté.  

Au sein des différentes communautés, l’aspect le plus festif de Pourim, c’est évidemment les échanges de Michloa’h Manot. Constitués pour certains d’un simple biscuit et de quelques bonbons (cacher évidemment), ces petits paquets se sont sensiblement améliorés : un emballage attractif, un prospectus concis mais complet sur le sens de la fête et ses Mitsvot, des aliments appétissants… Les commerçants rivalisent d’ingéniosité et les organisations communautaires aussi. Ainsi certains rabbanim et chefs de communauté se font un point d’honneur de commander, d’année en année, davantage de paquets, en Israël bien sûr. C’est donc des camions entiers qui acheminent les précieux paquets depuis l’aéroport. Ces cartons sont répartis entre les différents centres bien avant la fête et les jeunes filles seront elles aussi mises à contribution pour distribuer ces petits paquets qui seront certainement très bien accueillis. Pourim devient alors l’occasion de voir du pays ou tout au moins de découvrir des quartiers de sa ville qu’on ne connaissait pas. En effet, on sort parfois de sa communauté et on interpelle les gens dans la rue : « Vous êtes juif ? Voilà un cadeau pour vous ! Venez, on va se l’échanger ! Joyeux Pourim ! », entend-on ici et là. Et on continue, tant que le soleil ne s’est pas couché et tant qu’il reste des paquets.


Emballage attractif

Certaines communautés préfèrent prévoir des Michloa’h Manot plus consistants et envoient parfois une caisse de vin, un carton de charcuterie ou des produits d’épicerie qui rendront bien service aux personnes nécessiteuses. 

Les commerçants eux sont prêts depuis quelques semaines déjà : emballages individuels de friandises, promotions sur les bonbons, affiches de lectures de la Meguila dans le quartier. « Les libraires proposent des réductions sur les différentes éditions de Meguilot avec commentaires, illustrations, questions-réponses et mots croisés comme par exemple celle de Tsivot Hachem qui vous indique quand taper du pied (ou mieux : agiter la crécelle) et qui retranscrit en phonétique les passages que les fidèles lisent à voix haute », explique Moshé.

Les responsables de communautés se mobilisent : ils connaissent les familles ou les personnes seules, âgées, handicapées qui ont vraiment besoin de nos Matanot Laévionim. C’est donc par l’intermédiaire de ces rabbins et présidents de communautés dévoués et vigilants (et discrets) que l’on s’acquittera au mieux de la Mitsva. 

Pour le Michté, le festin, ce sont souvent les femmes de rabbins qui méritent toutes les félicitations. Depuis des semaines, elles prévoient, achètent, stockent, réfléchissent (souvent en groupes whatsapp) aux meilleurs façons de s’organiser. Le plus souvent cela se passe dans la salle de la synagogue. Parfois, il faut prévoir de l’aide pour organiser la partie musicale, les photos, les animateurs, la chorale. Pour enjoliver la fête, une petite pièce de théâtre est organisée avec les enfants de la communauté. Ils ont eu l’occasion de répéter pendant le Talmud-Torah les semaines qui ont précédé Pourim. 

Certains responsables de synagogues s’attendent au rush : « C’est incroyable, s’exclame ‘Haïm, président d’un des grands centres communautaires du 19e : les gens viennent en chaise roulante, en taxi et se dépêchent, de peur de rater un mot de la Meguila ! ». Les paquets passent de main en main : certains veillent à écrire leurs noms sur les paquets qu’ils envoient pour éviter qu’on les leur renvoie… Quant à Mendel, c’est bien simple : il est présent de six heures du matin (pour préparer les chaises, les livres, le Séfer Torah…) à 19 heures, jusqu’à la dernière lecture du rouleau sacré : sa femme lui a même apporté une ‘halla afin qu’il puisse commencer le festin de Pourim avant le coucher du soleil ; il continuera à la maison, épuisé mais racontant des anecdotes plus vraies que vraies, après avoir répondu cent fois à la même question : « Quand commence la prochaine lecture ? ». 

Et, après toutes ces activités d’une journée vécue à 100 à l’heure, certains trouvent encore la force de se réunir pour une joyeuse réunion familiale ou amicale, où on se racontera les multiples surprises de cette campagne de Pourim ! 

Le’haïm ! « A la vie » ! 

Powered by Edreams Factory