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25 Avril 2017 | 29, Nisan 5777 | Mise à jour le 25/04/2017 à 17h40

Rubrique Culture/Télé

Cinéma

Hélène Schoumann : « Au cinéma, les Israéliens commencent à se détacher de leurs grandes questions sociétales, à savoir la guerre et la religion »

(DR)

Hélène Schoumann, présidente du festival du cinéma israélien de Paris, met en avant les différents aspects de cette édition.

Actualité Juive : Quoi de neuf au festival à l’occasion de cette 17ème édition ?

Hélène Schoumann : C’est une année exceptionnelle, particulièrement réussie. Car comme le vin, il existe de bons ou de mauvais crus. Tous les films ont été primés au festival de Haïfa, voire à d’autres manifestations pour certains d’entre eux. Nous avons instauré un prix du public, et le choix ne va pas être évident, cinq/six films étant d’un niveau de grande qualité. Les Israéliens commencent à se détacher de leurs grandes questions sociétales, à savoir la guerre et la religion. Certes, toujours présentes, mais en arrière-fond. Par exemple, un film inattendu « A quiet heart » d’Eitan Anner, propose une façon d’aborder la religion autour de la musique. Nous présentons avec « A quiet heart », d’autres œuvres liées à la musique comme mon coup de cœur, « Harmonia ». Le film d’ouverture, le dernier d’Avi Nesher, « Past life », aux propos chers au cinéaste, donc toujours très personnels, liés au secret, au passé, à la guerre, aux survivants de la Shoah, mais vu par un sabra. Une fiction qui a connu un énorme succès au box-office israélien. Par ces deux illustrations, vous avez le lien transgénérationnel du cinéma israélien. Alors qu’Avi Nesher réalise depuis des décennies, nous avons le premier long-métrage d’Eitan Anner. 


A.J. : Et côté série ?

H.S. : Pour moi cela ne remplace pas le cinéma, mais en raison de l’importance que les séries télévisées ont prise nous accordons une présence aux séries télévisées à travers « Fauda » d’Assaf Berstein. Il s’agit d’une unité d’élite de Tsahal qui recherche un terroriste du Hamas auteur d’attentats. 


A.J.: Les documentaires représentent également un moment important du festival.

H.S. : Nous avons effectivement réuni des documentaires remarquables et toujours accompagnés par des débats à l’issue de la projection. J’en retiendrai deux, même si les autres peuvent aussi très être bien défendus. « Ben Gourion, épilogue » de Yariv Mozer, un génial documentaire très émouvant de 55 minutes avec David ben Gourion interviewé à Sde Boker, le kibboutz où il vécut, prit sa retraite, et est enterré. On voit le Premier ministre comme on le connaît : simple et franc. On constate que cet autre Israël, des hommes de sa trempe, n’existent plus. Dans un autre genre, « Twist à Dimona » de Michal Aviad, dur et drôle, sur sept femmes originaires d’Afrique du Nord qui se retrouvent dans les années 50 à Dimona, une ville où il n’y a rien. Elles reviennent sur leur difficile parcours et leur intégration pas évidente. Avec le temps, ces femmes magnifiques ont appris à aimer Dimona.


« Tous les films ont été primés au festival de Haïfa »


A.J.: Deux hommages importants s’imposent aussi dans votre programmation.

H.S. : On ne pouvait pas ne pas honorer la mémoire de Ronit Elkabetz et également celle du producteur-réalisateur Micha Shagrir, moins connu du grand public, mais que j’invite ardemment à venir découvrir son remarquable travail. Comme le souligne le journaliste Ariel Schweitzer : « Micha Shagrir représente une génération qui a émergé avec le grand courant du cinéma israélien appelé la nouvelle sensibilité ». Schweitzer rappelle aussi que « c’était un homme de valeurs et de combat, très attaché à Jérusalem, dont la femme est morte lors de l’attentat de la rue des Rosiers à Paris en 1982 ».


A.J.: Continuez de nous inciter à venir au festival.

H.S. : J’ai envie dans ce nouveau visage du festival qu’on réfléchisse évidemment, mais j’ai aussi envie d’une place au plaisir et au rêve. On a donc de la chance par ce que nous montrons d’avoir des films qui vont dans ce sens.

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