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26 Avril 2017 | 30, Nisan 5777 | Mise à jour le 26/04/2017 à 17h57

Rubrique Culture/Télé

Cinéma : « Ewa », le silence de la douleur

Critique du film « Ewa » de Haïm Tabakman,

« Ewa » de Haïm Tabakman, un film tout en retenue qui n’empêche pas sa puissance. Un couple vit au tempo de la tranquillité d’un mochav, petit village collectif. Mais, Ewa souffre d’une grave maladie cardiaque, alors son époux décide de se séparer de son entreprise pour mieux l’accompagner. Au hasard d’un rangement, Yoel découvre un document bancaire qui stipule d’un nantissement d’une maison inconnue. Vérification faite, il apprend que sa femme a signé cet acte. En enquêtant, Yoel s’aperçoit qu’un individu habite cette maison. Un ancien rescapé de la Shoah comme Ewa. Qui est cet homme pour Ewa ?

Le récit aborde des sujets sensibles (Shoah, maladie, adultère…), jamais pesants, sans imposer de tensions, ni d’hystérie. Si la maladie d’Ewa neutralise les débordements, il s’agit d’une prouesse scénarique et de mise en scène de savoir rester à bonne distance quand naissent les incompréhensions. Malgré une absence d’intensité, une émotion palpable se dégage. L’affleurement des sentiments tout comme les non-dits offrent un tempo apaisé qui ne pousse pas les douleurs, mais ne les étouffent pas. La sobriété du jeu des comédiens complète le style minimaliste du film. Par ce deuxième long-métrage, Haïm Tabakman (« Tu ne tueras point », déjà fort et maîtrisé) se distingue comme un des réalisateurs en vue du cinéma israélien. 


En salles : « Ewa » de Haïm Tabakman avec Avi Kushnir, Efrat Ben Zur, Gil Frank.

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