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27 Mars 2017 | 29, Adar 5777 | Mise à jour le 27/03/2017 à 11h02

Chabbat Vayikra : 20h02 - 21h10

Rubrique France

Ce que l'on sait aujourd'hui sur l'agression de deux frères juifs à Bondy

(Crédit : PHOTO ILLUSTRATION.)

L’altercation entre deux voitures a dégénéré en bagarre générale à côté d’un bar à chicha. Retour sur les faits.

Mardi 21 février, vers 21 heures, les deux fils d’Armand Azoulay, le président de la communauté juive de Bondy, âgés de 29 et de 17 ans, et portant une kippa sur la tête, circulent en voiture sur la route nationale 3 en direction du pont de Bondy. « Une camionnette déboule, leur fait plusieurs queues de poisson et tente de les faire dévier sur le bas-côté de la route. Son chauffeur les insulte et les traite de sales juifs », raconte le père des deux garçons. « La camionnette s’arrête quelques centaines de mètres plus loin, à proximité d’un bar à chicha. Mes fils sortent alors de la voiture pour s’expliquer. Le conducteur de la camionnette est allé chercher du renfort dans le bar en criant « venez, on va défoncer les Juifs ». Cinq hommes sont alors sortis du bar. Puis, le chauffeur a sorti du coffre de son véhicule une scie avant d’aller attaquer mon fils aîné », poursuit-il. Le plus jeune est très vite venu à sa rescousse. En désarmant l’assaillant, il aurait reçu un coup de scie à la main droite. 

 Contrairement aux rumeurs qui ont dans un premier temps couru sur le Net, son doigt n’a pas été amputé mais souffre d’une profonde entaille. Dans la bagarre, il s’est également déboité l’épaule. Quant au frère aîné, qui serait parvenu à se dégager d’une attaque à la scie sur la gorge, précise son père, il s’en sort avec plusieurs côtes fêlées ainsi que des coupures au niveau des doigts.

Quelques instants plus tard, une autre personne, le patron dudit bar à chicha, d’après l’enquête réalisée par la rédaction de LCI, serait sorti pour arrêter la bagarre. « Je suis intervenu avant qu’il ne se passe quelque chose de plus grave. J’ai pris la scie, un des deux hommes tirait l’outil hyper fort. Il est tombé. Ça a duré quelques minutes et tout le monde est parti », a affirmé le gérant à la chaine d’information, assurant au passage qu’il n’avait rien entendu des propos antisémites rapportés par les victimes. Ces dernières se sont quant à elles directement rendues aux urgences de l’hôpital Jean Verdier. Après avoir été soignés (plusieurs points de suture et port d’une attelle au doigt ainsi qu’à l’épaule pour le plus jeune), les deux frères ont été déclarés en ITT (incapacité temporaire de travail) de huit et de vingt-et-un jour. 


Coup de scie à la main droite

Ils sont bien entendu allés déposer plainte et une enquête a été ouverte pour « violences volontaires en réunion, avec arme, ayant entraîné une ITT de plus de huit jours ». Si le caractère antisémite n’a pas été clairement notifié dans le libellé, les précisions allant dans ce sens ont été largement rapportées par les victimes dans leur procès-verbal. 

Le BNVCA (Bureau national de vigilance contre l’Antisémitisme) a demandé à la police de « tout mettre en œuvre pour identifier les agresseurs antijuifs, un père [qui n’aurait pas participé à l’agression comme il  est précisé dans le procès-verbal NDLR] et son fils décrits comme d’origine nord-africaine ». Il a également décidé de mettre ses conseils juridiques à disposition des deux victimes juives. Le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux a quant à lui exprimé son indignation devant « l’agression dont ont été victimes deux personnes de confession juive ». « Tout est mis en œuvre pour retrouver et interpeller les auteurs de ces actes inqualifiables, qui devront en répondre devant la justice », précise aussi son communiqué. 

Quant à Armand Azoulay, rassuré que ses fils se soient sortis de cette attaque « horrible et brutale », il estime que sans la maîtrise des arts martiaux, ses deux garçons « se seraient faits massacrer ». 

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