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27 Mars 2017 | 29, Adar 5777 | Mise à jour le 27/03/2017 à 11h02

Chabbat Vayikra : 20h02 - 21h10

Rubrique France

La nouvelle campagne identitaire de Marine Le Pen

(Wikipedia)

Actualité juive s'engage contre l'extrême droite. Cette semaine, focus sur les ultra radicaux qui entourent Marine Le Pen.

A ceux qui s’interrogeraient sur  « l'évolution » du Front national, à ceux qui verraient Marine Le Pen comme la « moins pire des solutions » contre l'islam radical, le tournant identitaire de la campagne frontiste devrait les sortir de leur torpeur.
Depuis quelques semaines, quelque chose a changé dans la campagne de Marine Le Pen. Décidée à profiter des divisions au sein des Républicains (LR) autour du maintien de la candidature de François Fillon, la présidente du Font national mâtine désormais régulièrement ses interventions d’une coloration identitaire. L’accent mis sur la lutte contre l’islam radical et l’immigration, sa défense de l’héritage chrétien et occidental de la France relèguent au second plan les thématiques sociales et économiques, notamment la sortie de l’euro. 
5 février, Lyon. Au lendemain de la présentation de son programme, Marine Le Pen réactive devant un Centre des congrès bondé un thème historique du mouvement : la « priorité nationale », avatar modernisé de la fameuse « préférence nationale ». Trois semaines plus tard, confirmation de ce nouveau positionnement identitaire dans un lieu chargé d’histoire, le Mont-Saint-Michel, cette « merveille de l’Occident ». « Parce qu’ici bat le cœur de la France, c’est ici que j’ai choisi de lancer un appel à l’unité des Français » lançait, le 27 février, une Marine Le Pen fustigeant la menace des « totalitarismes »
« islamiste » et « mondialiste financier ».
Ce virage traduit la lecture politique que dresse la direction du FN des dernières séquences de la campagne présidentielle. La victoire de Benoît Hamon à la primaire de la gauche a recentré le PS sur les questions sociale et écologique plutôt que sur les dossiers régaliens (terrorisme, laïcité) portés par Manuel Valls. Les démêlés judiciaro-politiques de François Fillon placent en porte-à-faux une partie de l’électorat des Républicains, attachée au projet « radical » de l’ancien premier ministre. C’est donc à la conquête de ces déçus que Marine Le Pen s’est élancée, avec l’aide de deux personnalités bien connues des milieux identitaires.


Olivier et Vardon en première ligne
Le premier se nomme Philippe Olivier, promu chef de la cellule « idées-image ». Ancien mégrétiste, le mari de la sœur aînée de Marine Le Pen, Marie-Coline, est à l’origine des slogans « Bleu Marine » et « UMPS ». A ses côtés, évolue Philippe Vardon, conseiller régional en Provence-Alpes-Côte d’Azur, et longtemps dirigeant de la filiale niçoise du Bloc identitaire, Nissa Rebela, avant de choisir la voie de l’entrisme au sein du FN. On lui doit le dernier « clip testimonial » de la candidate frontiste. « Son acceptation au Front n’a pas été un fleuve tranquille », écrit Michel Henry, dans son enquête consacrée à Marion Maréchal-Le Pen, La nièce (Seuil, 19€). « Marion-Maréchal Le Pen l’a aidé : elle se méfiait moins du personnage que sa tante ». La jeune députée, proche des deux hommes, apparaît en effet comme la potentielle gagnante de ce rééquilibrage idéologique, elle qui voue aux gémonies les inflexions sociales de Florian Philippot. L’entrisme des contempteurs du « grand remplacement » demeure néanmoins regardé avec suspicion au sein du mouvement.
Pour comprendre l’inflexion identitaire de Marine Le Pen, il faut également jeter un œil à l’hebdomadaire Valeurs actuelles, poumon médiatique de ce courant d’idées favorable à une union des droites. « En concentrant sa campagne sur une défense de l’identité française, loin, très loin de la rhétorique ouvriériste qui lui fut longtemps reprochée, la présidente du FN met de son côté les lecteurs du trio Buisson-Villiers-Zemmour, cette droite dite « hors des murs », à équidistance des Républicains et du FN », pouvait-on y lire la semaine dernière sous la plume de son directeur de la rédaction, Geoffroy Lejeune.  A l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen emprunte certaines formules, vante son dernier ouvrage, « La Cause du peuple » (Fayard), comme un « livre brillant ». Du second, elle devrait bientôt recueillir un soutien longtemps espéré. « Marine, qui a lu nos livres, a capté notre petite musique » confie l’ancien élu vendéen, apprécié par Marion Maréchal-Le Pen. Son dernier livre chez Albin Michel, un nouveau best-seller, s’intitulait « Les cloches sonneront-elles encore demain ? La vérité sur l’histoire de l’islamisation de la France ». Au Front  National, l'ultra droite gagne du terrain. 

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