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23 Avril 2017 | 27, Nisan 5777 | Mise à jour le 21/04/2017 à 12h34

Rubrique France

Vie juive à Toulouse aujourd’hui : Une communauté résiliente

En souvenir des victimes d’un terroriste islamiste. Celles du lycée Ozar Hatorah et des militaires de Toulouse et Montauban. (V. Allter)

Cinq ans après les assassinats de Jonathan, Gabriel, Arieh Sandler et de Myriam Monsonego à l’entrée de l’école Ozar Hatorah, la communauté juive de Toulouse a certes perdu son insouciance mais certainement pas son dynamisme. Paroles de responsables locaux.

Tout comme au niveau national, les départs définitifs vers Israël, voire d’autres contrées se sont stabilisés à Toulouse. Alors que dans les mois qui ont suivi le drame d’Ozar HaTorah, la question de l’avenir de la communauté juive locale se posait ouvertement, le sujet semble désormais dépassé. C’est une communauté qui aujourd’hui « va plutôt bien », estime le président du Crif de Toulouse Franck Teboul. « Elle a bien entendu traversé une très lourde épreuve mais elle a aussi repris un second souffle ». Le renouvellement du leadership communautaire local en témoigne. Yves Bounan, président du Consistoire de Toulouse, Alexandre Elicha, président de l’école juive Ohr Torah, ainsi que le président du Crif local sont en effet tous des dirigeants communautaires issus d’une nouvelle génération et élus au cours de ces cinq dernières années. 

Le rabbin de Toulouse Avraham Weill perçoit lui aussi ce second souffle communautaire. « Ce 19 mars 2012, on nous a volé notre insouciance. Elle est partie en éclats et on ne la retrouvera pas. On a depuis appris à vivre avec, ou plutôt sans. Pour autant, la communauté juive ne vit pas non plus dans un sentiment d’angoisse permanente. Je dirais même que s’y dégage une certaine forme de sérénité. En outre, nous n’avons jamais renoncé à aucune de nos activités. Le dynamisme communautaire se poursuit, malgré le départ de piliers. Car ceux qui sont partis au cours de ces cinq dernières années sont avant tout des familles et des jeunes actifs dans la communauté qui sentaient leur judaïsme menacé. En parallèle, nous avons aussi attiré à l’intérieur de la communauté des personnes qui, auparavant, se sentaient moins concernées par leur judaïsme ». 


Second souffle communautaire

Ainsi, la vie juive toulousaine se poursuit, de la manière la plus joyeuse qui puisse être. Aucune des dix synagogues n’a fermé ses portes. Le Mikvé historique de la ville doit être rénové et un second Mikvé doit être construit. Les festivités de Pourim de la semaine devaient quant à elles rassembler plus de cinq cents personnes et désormais, c’est de façon mensuelle que s’organisent des chabbats communautaires, qui rassemblent deux cents personnes aux repas du vendredi soir. « La communauté participe de manière très forte aux événements joyeux. Elle a besoin de se retrouver autrement que pour commémorer des événements triste », constate ainsi le rabbin de la ville. Les Juifs de Toulouse sont ainsi parvenus à faire régner un esprit communautaire optimiste et engagé. Un esprit qui témoigne aussi d’une unité communautaire remarquable qui, souligne Franck Teboul « permet de porter un message clair et audible ». 

Cet esprit de résilience devrait lui permettre d’affronter les procès qui doivent avoir lieu cette année. En octobre prochain, le frère aîné du tueur ainsi que Fettah Malki devront comparaître devant la cour d’assise spéciale de Paris. Le premier sera jugé pour complicité d’assassinats terroristes et le second pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. 

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