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23 Avril 2017 | 27, Nisan 5777 | Mise à jour le 21/04/2017 à 12h34

Rubrique Israël

Sharansky prolonge l’aventure à l'Agence juive

Natan Sharansky président de l’Agence Juive (DR)

Natan Sharansky se donne un an de plus à la présidence de l’Agence Juive pour tenter de réconcilier la diaspora américaine avec Israël.

« Chaque communauté juive doit se sentir chez elle en Israël », a déclaré Natan Sharansky en annonçant qu’il resterait à la présidence de l’institution encore une année, alors qu’il devait quitter, cet été, son fauteuil. C’est pour tenter de colmater la brèche ouverte entre les juifs américains et Israël que Binyamin Netanyahou, avec le soutien du comité directeur de l’Agence Juive, lui a demandé de prolonger son mandat. 

Une brèche qui ne cesse de s’élargir devant le non-respect de la promesse faite par le gouvernement d’allouer une zone du Mur Occidental à la prière égalitaire et pluraliste réclamée depuis des années par la diaspora américaine qui, majoritairement, s’identifie aux mouvements réformé et conservateur. Il y a un peu plus d’un an, le plan parrainé par Natan Sharansky qui prévoyait de créer au sud du Kotel, au-delà du Pont des Mughrabis, un espace de prières ouvert à tout juif et toute juive de tout courant du Judaïsme est adopté par le cabinet du Premier ministre.

Mais c’était sans compter avec les partis ultra-orthodoxes qui menacent de briser la coalition si le plan était appliqué, rejoints par des ministres et députés du Habayt Hayehoudi et même du Likoud, et par David Amsellem, le président de la commission de l'Intérieur. Arieh Derry, le leader du parti ultra-orthodoxe Shass et ministre de l’Intérieur tente même de présenter une loi destinée à contrecarrer cet engagement qui prévoit l’extension de l’autorité ultra-orthodoxe sur toute la zone limitrophe du Kotel et qui interdirait donc la prière pluraliste. Ceux qui enfreindraient la loi seraient passibles de peines de six mois d’emprisonnement et d’amende de 2 500 euros. Mickael Oren, vice-ministre du parti Koulanou, des relations diplomatique et ancien ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, met en garde contre « une rupture irréparable dans le monde juif », si toutefois ce texte était adopté. 



« Rupture irréparable »

Une adoption qui, d’après lui, affecterait considérablement les relations israélo-américaines et porterait un coup terrible à la crédibilité et la sécurité du pays. « Le soutien des juifs américains est vital pour notre alliance avec les Etats-Unis », rappelle encore Mickael Oren qui regrette que le gouvernement ait tant tardé à concrétiser l’accord de compromis négocié et adopté par son cabinet. 

Ce que la Haute Cour de Justice, en septembre dernier, avait pourtant ordonné au Premier ministre de faire. Binyamin Netanyahou, a donc prié Natan Sharansky de trouver une solution pour sortir de l’impasse, ensemble avec Tsahi Hanégbi mandaté pour négocier, en son nom, avec les ultra-orthodoxes. D’après Yigal Palmor, Natan Sharansky estime que les tout prochains mois devraient être critiques sans toutefois se montrer très optimiste. Le Premier ministre israélien va-t-il se retrouver face à un dilemme ? Protéger sa coalition ou préserver la diaspora américaine ? 

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