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26 Avril 2017 | 30, Nisan 5777 | Mise à jour le 26/04/2017 à 17h57

Rubrique Judaïsme

Vayakel-Pékoudé : Un modèle pour l’éducation

(DR)

Jusqu’où l’éducateur, parent ou enseignant, doit-il porter ses efforts pour réussir dans sa tâche ? A l’heure où les discours officiels se contentent de donner seulement les grandes orientations des projets éducatifs, la Thora porte, en la matière, un regard, à la fois novateur et très ajusté. Pour nous dire que dans l’éducation, rien ne doit être négligé.

Un verset de la parachath Vayakel (1) nous apprend que les tentures du Michkane, le Temple démontable et portatif du désert, étaient attachées à des cordages qui eux-mêmes étaient liés à des piquets enfoncés dans le sol. Et Rachi de préciser : « pour que ses tentures ne soient pas soulevées par le vent ». Or, à propos de ce détail de construction, on peut relever une question très simple posée par de nombreux commentateurs du texte : attacher des rideaux par des cordes, attachées à des piquets fixés dans le sol, n’exige pas une grande sagesse. Pourtant, un peu plus haut, un verset (2) nous dira que tous les éléments qui composaient le Michkane avaient été fabriqués par des « Sages de cœur ». Y compris l’assemblage des cordes, des tentures aux piquets !


Une totalité

Cette précision nous enseigne une donnée fondamentale dans la construction du Michkane : chaque détail, même le plus insignifiant de cet édifice, appartient à une totalité. En d’autres termes, les « Sages de cœur » investirent toute leur sagesse pour élaborer de simples piquets ou cordes au même titre que les plus beaux objets comme la Ménorah ou l’Arche sainte.


Ne rien négliger

De cette conception du Michkane, se dégage un enseignement que l’on peut appliquer à l’éducation. Quand Rachi nous dit que les tentures étaient fixées au sol pour ne pas être soulevées par le vent, on peut voir dans ses mots un message allusif d’une portée essentielle. L’éducation, expliquent nos Maîtres, se fixe deux objectifs : faire acquérir à l’enfant de bons traits de caractère et des connaissances mais aussi le préserver d’influences néfastes qui peuvent perturber la démarche de l’éducateur. 

C’est ce que sous entend Rachi quand il écrit que les tentures étaient fixées au sol par des piquets pour ne pas être soulevées par le vent : un père ou un enseignant doit « fixer » au plus profond de l’enfant la valeur et la sainteté de la Thora pour que l’enfant ne soit pas influencé par des vents extérieurs pouvant troubler sa construction morale. Mais dans cette perspective, il pourrait commettre une erreur : celle consistant à ne transmettre à l’enfant que quelques grandes idées ou des valeurs globales de la morale juive, en pensant que sa foi le soutiendra efficacement. La Thora s’inscrira alors en faux contre cette démarche en précisant que même les plus petits détails du Michkane avaient été élaborés par les Sages de cœur. C’est sur ce modèle que doit se construire une éducation authentique. Quand on guide un enfant sur la voie de la vérité, rien ne doit être mis de côté dans la transmission : chaque détail du judaïsme, le plus minuscule soit-il, doit côtoyer, avec le même sérieux et la même ferveur, les grands  principes du judaïsme. S’il faut dire à un enfant de prier, il faut dans le même temps, lui enseigner toutes les règles précises du « comment prier ». Et ainsi pour toues les grandes mitzvoth du judaïsme. Le gain sera alors considérable et  double : l’enfant donnera à sa foi une envergure concrète et palpable tout en prenant conscience que la Thora est une affaire sérieuse qui ne néglige rien. 


Notes

(1)  Chap. 35, verset 18.

(2) Verset 10

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