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26 Avril 2017 | 30, Nisan 5777 | Mise à jour le 26/04/2017 à 17h57

Rubrique Judaïsme

Le plateau du Séder est emblématique de Pessa’h

L’os (zeroa’) 

On a l’habitude de prendre l’os de l’épaule d’agneau. Il constitue un mémorial du sacrifice pascal (un agneau) offert le 14 nissan et consommé durant la nuit du séder. Il fait aussi allusion au bras étendu (zeroa’) par D.ieu pour libérer les enfants d’Israël. La célébration de Pessa’h est déficiente puisque le Temple n’existe plus à l’image de la liberté octroyée au peuple juif qui reste limitée. C’est le passé et l’avenir d’Israël qui se présente ainsi sur le plateau. 


L’œuf (betsa)  

Il est posé sur le plateau en mémorial de l’offrande dite « ‘Haguiga » offerte à l’occasion des trois fêtes de pèlerinage (Pessa’h, Chavouot et Soucot). L’œuf est traditionnellement lié au deuil ; il renvoie ainsi à la tristesse de ne pouvoir présenter les offrandes de la fête au Temple. L’œuf fait aussi allusion à une naissance qui n’a pas aboutit. La libération de Pessa’h est appelée à se déployer jusqu’à sa conclusion. En araméen, l’œuf se dit « béa », terme qui désigne aussi la prière. 


Karpass 

Rabbi Yera’hmiel d’Alexander (Yisma’h Israël, Vayikra p. 50) explique : le karpass est un légume ; on utilise une pomme de terre, un radis… Ce type de légume pousse et grandit alors qu’il est enfoui dans la terre. Ce n’est que la tête du légume (les feuilles) qui est à l’air. Or, cet élément plongé dans la terre se hisse jusque sur la table du séder. Aussi, le juif ne doit pas désespérer ; même s’il est recouvert de terre, loin du ciel, il peut faire techouva et s’en approcher. 


Maror/’Hazeret (l’herbe amère)

Selon les usages, on utilise de la romaine ou du raifort. La mémoire de l’esclavage et son amertume ne se limitent pas à une connaissance intellectuelle mais elles intègrent symboliquement notre personne par sa consommation. On reste avec un goût amer dans la bouche en pensant aux souffrances de nos ancêtres qui font partie de nous. 


‘Harosset

 On confectionne cette pâte de façon différente selon les coutumes : on y trouve  des pommes, des poires, des noix, des dattes, de la pâte d’amande, de la cannelle, du jus de raisin. Il représente le mortier employé par les esclaves hébreux travaillant à bâtir cités et pyramides. On y procède au second trempage avec le maror. Sur le plateau, la mémoire de l’esclavage est bien présente. C’est le second « tiboul » de la soirée du séder. 



L’eau salée

On peut aussi utiliser du vinaigre. On trempe le karpass dans ce liquide qui renvoie aux larmes. Cette opération de trempage correspond au premier « tiboul » qui a pour fonction de susciter l’étonnement des enfants. La consommation du karpass trempé dans l’eau salée est précédée par des ablutions des mains sur lesquelles on ne récite pas de bénédiction. 

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