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26 Avril 2017 | 30, Nisan 5777 | Mise à jour le 26/04/2017 à 17h57

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Le pari de Donald Trump

Le regard décidé de Donald Trump (Wikipedia)

Le président américain est-il en train de former une nouvelle alliance contre l'Iran ? Le réveil des Arabes sunnites sur le règlement du conflit israélo-palestinien pourrait indiquer que le style pragmatique du chef de la Maison Blanche vise à changer la donne régionale.

Donald Trump serait-il moins isolationniste qu'on ne l'aurait cru ? Sur le dossier israélo-palestinien en tout cas, il faut bien constater qu'il ne chôme pas. Depuis la visite de Binyamin Netanyahou à Washington à la mi-février, la nouvelle équipe diplomatique américaine n'a pas arrêté. Jason Greenblatt, l'émissaire du président Trump a fait une première visite de travail en Israël et à Ramallah. Il a ensuite rencontré les participants au sommet de la Ligue Arabe qui s'est tenu fin mars à Amman. Le roi Abdallah II de Jordanie a déjà été reçu en février à Washington par le président américain et devait y revenir début avril. Le président égyptien Abdelfattah Al Sissi a été son hôte deux jours plus tôt, préparant ainsi la visite du Palestinien Mahmoud Abbas.

Clairement, quelque chose a commencé à mijoter dans les cuisines de la Maison Blanche. Le sommet de la Ligue Arabe a été largement consacré au règlement du conflit israélo-palestinien, en dépit des autres priorités brûlantes de la région. Signe que c'est encore le dernier sujet sur lequel les pays membres sont susceptibles d'arriver à un semblant d'unité, mais aussi qu'il est un moyen de forger une ligne commune des Etats sunnites conduite par l'Arabie Saoudite face à l'Iran. En réactivant une fois de plus son initiative de paix de 2002, la Ligue Arabe veut apparaître comme un acteur qui compte, mais indique aussi qu'un rapprochement pragmatique avec Israël pourrait consolider le camp sunnite face à Téhéran. 

Cette orientation est largement encouragée par Washington, qui y voit un levier par rapport à l'Iran. Ce n'est donc pas un hasard si l'on assiste au regain d'activité diplomatique de l'administration américaine, autant que des dirigeants arabes. Selon plusieurs médias arabes, l'Egypte et la Jordanie préparent avec le soutien des Etats-Unis un sommet régional sur la relance du processus diplomatique israélo-palestinien. La conférence pourrait avoir lieu dans le courant de l'été et réunirait Israël, l'Autorité Palestinienne, l'Egypte, la Jordanie et bien sûr les Etats-Unis. 


Détermination américaine

D'ici là, il faudra s'attendre à une intensification des pressions sur les Palestiniens et sur les Israéliens, en vue de préparer le terrain. Le président Trump multiplie déjà les messages à l'adresse de Binyamin Netanyahou pour le convaincre de faire quelques gestes en faveur des Palestiniens. La construction au-delà de la Ligne de 1967 reste un sujet central et le Premier ministre israélien sait qu'il devra aller un peu plus loin que la définition du périmètre constructible qu'il a fait approuver par son cabinet de sécurité. Enfin et surtout, Donald Trump a fait savoir que le règlement du conflit devrait passer par la création d'un Etat palestinien.

Le cap diplomatique qui se dessine confirme que la nouvelle administration américaine considère le règlement du conflit israélo-palestinien comme une priorité, ou en tout cas comme un des seuls dossiers régionaux où elle peut encore garder la main. Si le Sénat a finalement voté l'investiture de David Friedman aux fonctions de prochain ambassadeur des Etats-Unis en Israël, il ne faut pas s'y tromper. L'arrivée du partisan des implantations de Judée-Samarie et du transfert de l'ambassade à Jérusalem ne freinera pas la détermination américaine à régler le conflit, même au prix de concessions territoriales par Israël.

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